Jack Lang, énervé après Complément d'enquête, justifie ses liens avec Epstein
Jack Lang justifie ses liens avec Epstein après l'émission

Jack Lang, énervé après Complément d'enquête, justifie ses liens avec Epstein

« J’ai peut-être fait une bêtise, une connerie, j’ai accepté de venir dans votre émission. » Ces mots prononcés par Jack Lang résument l’état d’esprit de l’ancien ministre de la Culture, ce jeudi soir, au terme de sa prestation dans le fauteuil rouge de l’émission Complément d’enquête sur France 2. L’émission était largement consacrée au volet français de l’affaire Epstein, mettant en lumière les liens financiers supposés entre Jack Lang et le criminel sexuel américain.

Une première prise de parole publique depuis sa démission

Cette intervention marque la première prise de parole publique de Jack Lang depuis sa démission de l’Institut du monde arabe (IMA) en février dernier. Sa démission faisait suite à une convocation en urgence du ministre des Affaires étrangères, qui exerce la tutelle de l’IMA. En cause : l’ouverture d’une enquête préliminaire pour blanchiment de fraude fiscale aggravée liée à ses relations avec Jeffrey Epstein.

Après des déclarations publiques embarrassantes où il décrivait Epstein comme un homme « passionné d’art, charmant » et se présentait comme « blanc comme neige », Jack Lang avait choisi le silence. Une stratégie qui semblait judicieuse, mais qu’il a finalement abandonnée pour cette émission.

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Un argumentaire surprenant et une défense modeste

Sa nouvelle prise de parole laisse perplexe. Elle débute par une comparaison classique : « Ce personnage, dit-il, c’est Dr Jekyll et Mr Hyde. » Autrement dit, derrière les prodigalités d’un amoureux de la culture se cachaient les agissements d’un monstre. Un argument peu original pour justifier une fréquentation plus que douteuse.

La nouveauté dans son argumentaire réside dans la convocation de Bill Clinton, lui aussi empêtré dans cette affaire. Jack Lang déclare : « Partout dans le monde, (Epstein) était accueilli par tout le monde… Bill Clinton que j’aime beaucoup par ailleurs. Pourquoi le petit Français que je suis aurait été mieux informé que le grand Clinton entouré de services de renseignements ? » Un tel excès de modestie est rare chez l’ancien président de l’IMA, mais il semble prêt à tout pour se défendre.

Les contradictions et les justifications

Jack Lang insiste sur le fait que Jeffrey Epstein, qu’il appelle « Jeffrey » comme sa fille Caroline dans les courriels révélés par le Département de la justice américain, « n’était pas un ami », mais « une connaissance ». Pourtant, il l’a remercié pour son « amitié » et son « extraordinaire générosité ». Il explique cette contradiction par sa nature chaleureuse : « Je suis quelqu’un de chaleureux. Je réponds aux lettres. Ce n’est pas courant en France. » La courtoisie, selon lui, peut parfois être mauvaise conseillère.

Il affirme également qu’il ne connaissait pas la face monstrueuse d’Epstein avant son arrestation, car « la presse française n’a pas parlé de ça ». Lorsqu’il est contraint de reconnaître le contraire, il adopte une position de repli étrange : il ne lit pas la presse. « Moi, dit-il, je me consacre à fond les manettes à mon travail et je ne passe pas mon temps à mettre mon nez dans les poubelles ou dans les articles de journaux. »

L’argent et les sujets sensibles

Le sujet délicat de l’argent est abordé. Jeffrey Epstein, sollicité par la famille, a versé des fonds pour un film sur la vie et l’œuvre de Jack Lang et pour un autre consacré à sa fille Valérie, disparue prématurément. Il est également question d’un fonds créé avec l’autre fille de Jack Lang, Caroline, dans un trust domicilié dans les îles Vierges.

« L’argent pas mon sujet, s’indigne l’intéressé », insistant sur son ancien compagnonnage avec Gisèle Halimi et sur le soutien continu d’Emmanuel Macron. « Ce qui est mon sujet, ce sont les êtres humains, c’est le public, c’est le service public, c’est l’amour, c’est la bonté. » Des déclarations émouvantes, mais qui ne suffisent pas à dissiper les doutes.

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En conclusion, Jack Lang, visiblement énervé et sur la défensive, tente de justifier ses liens avec Epstein par des arguments parfois surprenants. Son intervention dans Complément d’enquête n’a fait qu’attiser les interrogations autour de cette affaire complexe.