Quatre suspects déférés après l'intrusion violente lors d'un meeting LFI
Quatre personnes suspectées d'avoir perturbé violemment un meeting de campagne électorale du maire LFI de Faches-Thumesnil, dans le Nord, étaient en cours de défèrement dimanche soir en vue de leur mise en examen. Cette annonce a été faite par le procureur de Lille, Samuel Finielz, confirmant une escalade judiciaire suite aux événements de vendredi soir.
Les faits et les accusations
Vendredi en début de soirée, une quinzaine de personnes ont pénétré dans la salle où se tenait le meeting du maire LFI sortant de Faches-Thumesnil, Patrick Proisy. Une partie du groupe a été contenue à l'extérieur du bâtiment par les agents de sécurité, selon les informations du parquet. Les perturbateurs, munis de pancartes portant des messages comme « Nouvelle droite », « LFI hors de nos mairies » ou « Justice pour Quentin » – en référence au meurtre du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque en février à Lyon – se sont placés devant l'estrade avant de jeter divers projectiles, dont de la peinture rouge et de la farine.
Personne n'a été blessé lors de cet incident, selon une source policière interrogée par l'AFP. Les individus ont ensuite pris la fuite, mais quatre d'entre eux – trois hommes et une femme nés entre 1986 et 2003 – ont été rapidement interpellés par la police et placés en garde à vue.
Les poursuites judiciaires et les réactions politiques
Les quatre suspects devraient comparaître devant le tribunal le 26 août prochain. Ils sont accusés de violences aggravées, de participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes, de dégradations de biens et de complicité de ces faits, selon le procureur Samuel Finielz. Un contrôle judiciaire a également été requis à leur encontre, visant notamment à leur interdire d'entrer en relation avec les victimes et les élus concernés, de se rendre sur les réunions publiques organisées par LFI et de participer à des manifestations sur la voie publique dans le Nord et le Pas-de-Calais jusqu'à l'issue des élections municipales.
Interrogé samedi par l'AFP, le maire Patrick Proisy, qui dit avoir été enfariné durant l'incident, a déclaré vouloir porter plainte. Depuis son compte X, le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon a pointé du doigt les « quinze néonazis cagoulés venus de Paris et du Nord » responsables des troubles et a salué « les camarades du service d'ordre Insoumis qui ont protégé les participants et maîtrisé sans violences les brutes ». Le député LFI du Nord Aurélien Le Coq, présent au meeting à Faches-Thumesnil, a aussi dénoncé sur X « une nouvelle étape de la bascule fasciste », soulignant l'inquiétude grandissante face à la montée des tensions politiques dans la région.
Cet incident met en lumière les risques de violences lors des campagnes électorales et la nécessité de renforcer la sécurité autour des événements publics. Les autorités judiciaires restent vigilantes pour prévenir de tels actes à l'avenir, tandis que les partis politiques appellent au calme et au respect des règles démocratiques.



