Inondations dans l'Ouest : une décrue lente et inégale après des crues historiques
Les importantes inondations qui ont frappé l'Ouest de la France montrent enfin des signes d'apaisement, avec le début d'une décrue qui s'annonce toutefois lente et variable selon les départements. Alors que la Gironde voit déjà son niveau d'eau baisser, la situation reste critique dans le Maine-et-Loire, où la décrue ne devrait s'amorcer que progressivement dans les prochaines vingt-quatre heures.
Trois départements maintenus en alerte rouge aux crues
Ce lundi 23 février 2026, trois départements français demeurent placés en alerte rouge pour les risques de crues : la Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire et la Charente-Maritime. Trois autres départements – la Sarthe, la Vendée et la Charente – restent en vigilance orange. Ces mesures de sécurité interviennent après des précipitations exceptionnelles qui se sont étalées sur trente-sept jours consécutifs, selon Météo-France, accompagnant les tempêtes Nils et Pedro.
En Nouvelle-Aquitaine, où trois départements ont subi les crues successives de la Garonne puis de la Charente durant les vacances scolaires d'hiver, les cours d'eau sont désormais en « décrue généralisée » ou à un niveau « stabilisé », selon les observations de Vigicrues.
Des niveaux d'eau qui ont égalé ou dépassé des records historiques
Les crues récentes ont atteint des niveaux qualifiés d'historiques par les autorités. À Angers, dans le Maine-et-Loire, le niveau de la Maine a grimpé jusqu'à 6,39 mètres samedi soir, égalant ainsi le record établi lors de la crue de 1982. La préfecture du département a indiqué que les pics de crue avaient été atteints dans la nuit de samedi à dimanche et au cours de la matinée du 22 février.
À Montjean-sur-Loire en Loire-Atlantique, le niveau de crue a atteint 5,89 mètres, correspondant au niveau observé lors de la crue de 1995. Plus en aval, à Ancenis, ce record historique a même été dépassé de 35 centimètres. À Saintes en Charente-Maritime, la Charente affichait encore un niveau de 6,53 mètres dimanche.
Les autorités surveillent avec attention une digue protégeant quatre communes – La Possonnière, Saint-Georges-sur-Loire, Saint-Germain-des-Prés et Champtocé-sur-Loire – qui menace de rompre sous la pression des eaux de la Loire.
Une rentrée scolaire presque normale malgré les inondations
La lente baisse des cours d'eau durant le week-end a permis aux écoliers de la zone A d'effectuer une rentrée scolaire presque « normale » ce lundi 23 février, après les vacances d'hiver. En Gironde, l'académie a recensé « zéro école les pieds dans l'eau », tandis que dans le Lot-et-Garonne, les élèves de deux établissements inondés ont été transférés dans des communes voisines.
À Saintes, trois écoles dont les accès étaient détrempés ont été déménagées dans des établissements voisins. Les enfants seront placés toute la semaine dans des classes annexes, en conservant leurs équipes pédagogiques habituelles. « L'important, avec cette période de stress, c'est de rassurer les élèves en gardant leurs repères et leurs enseignants habituels », a expliqué Véronique Cambon, adjointe au maire chargée des affaires scolaires.
Des dégâts estimés à au moins un milliard d'euros
Alors que la décrue s'installe progressivement, l'heure des premières estimations des dégâts et des demandes d'indemnisation approche. Le ministre de l'Économie Roland Lescure a évalué les dommages à « au moins 1 milliard d'euros » lors d'une interview sur RTL vendredi 20 février. Il a précisé que des évaluations plus précises ne pourraient être réalisées qu'une fois la décrue « très largement engagée ».
Le ministre a également appelé les assureurs à une « mobilisation générale » pour indemniser rapidement les victimes des tempêtes Nils et Pedro et des crues dans l'Ouest et le Sud-Ouest. Les assureurs se sont engagés à accélérer le traitement des dossiers d'indemnisation, à mobiliser des experts rapidement dès que possible, et à étendre les délais de déclaration de sinistres pour les zones en état de catastrophe naturelle.
Une personne toujours portée disparue
Dans le Maine-et-Loire, un homme reste porté disparu depuis mardi 17 février au soir après que son canoë a chaviré à Chalonnes-sur-Loire. Le préfet du département, François Pesneau, a reconnu que les chances de retrouver cette personne étaient « objectivement assez peu » élevées, évoquant la force des courants et la température froide de l'eau.
Parallèlement, la situation électrique s'améliore progressivement. Roland Lescure a indiqué qu'il ne restait plus que 6 000 foyers privés d'électricité, contre 900 000 au pic de la crise et encore 13 000 vendredi 20 février en milieu de journée.



