Inondations : les rats chassés des égouts deviennent plus visibles dans les zones sinistrées
Inondations : les rats chassés des égouts envahissent les zones sinistrées

Inondations : les rats chassés des égouts deviennent plus visibles dans les zones sinistrées

Partout où les eaux ont monté ces derniers jours, les riverains ont pu observer de nombreux rats se déplacer à la recherche de nourriture et pour fuir leurs terriers inondés. On voit émerger leur museau des eaux : ce sont d'excellents nageurs, des apnéistes confirmés, et de vrais marins qui utilisent leur queue comme gouvernail. Les crues ont une conséquence logique : les rats sont chassés des égouts et des canalisations envahis par la montée des eaux. Ils ne sont pas plus nombreux, mais plus visibles.

Une migration vers les sources de nourriture

Les rongeurs se déplacent allègrement vers les lieux où ils estiment pouvoir trouver de quoi manger, comme les habitations, les entrepôts, les bâtiments agricoles ou les magasins alimentaires. « Cela ne signifie pas qu'il y a plus de rats, mais on les voit davantage », écrivait Pierre Falgayrac (1960-2022), auteur de « Le Grand Guide de lutte raisonnée contre les nuisibles ou bioagresseurs urbains » (Lexitis). Et c'est aussi une fausse impression, car immanquablement, les crues vont entraîner une mortalité chez ces animaux.

Comment empêcher les rats d'envahir les maisons

Le quotidien « Ouest France », qui a interrogé des spécialistes de nuisibles, rapporte les propos de l'un d'entre eux qui suggère aux habitants obligés d'évacuer leur maison d'« baisser la lunette des toilettes et de mettre un poids dessus avant de partir » pour qu'ils ne puissent pas s'infiltrer par là.

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Les inondations augmentent le risque de leptospirose, car l'urine des rongeurs infectés se mélange aux eaux de crue. Il est donc conseillé :

  • De bien se chausser quand on doit circuler dans les eaux stagnantes lors de et après une inondation.
  • De désinfecter les pièces qui ont été envahies par les eaux.

Lors de la décrue, la vigilance est de règle également, car les innombrables déchets, en particulier alimentaires, laissés au sol par le reflux, sont de véritables gourmandises pour eux, tandis que l'environnement humide les incite à prendre racine. Les fissures élargies par l'eau sont aussi autant de points d'entrée dans les bâtiments, il faudra donc rapidement les colmater. Car si les rats ont migré dans un habitat qui leur convient, proche d'une source de nourriture par exemple, ils peuvent s'installer de façon pérenne.

Pourquoi on ne les éradique pas complètement

On les sait responsables de dégâts électriques, lorsqu'ils rongent les câbles, d'affaissements de trottoirs, et ils sont effectivement vecteurs de maladies. Mais les rats ont aussi un rôle essentiel dans l'élimination des déchets organiques et désengorgent les égouts dont ils assurent le nettoyage. En fouillant les sols, en les aérant, en y creusant ses galeries, ils contribuent également à l'écoulement des eaux et à la prévention des inondations.

C'est pourquoi il faut réguler leur population sans pour autant les exterminer : les services de la métropole bordelaise en éliminent par exemple près de 10 000 chaque année. Une des conséquences du réchauffement climatique : la population murine s'accroît. À Bordeaux, il y en aurait près de 400 000. Le plus commun, le surmulot ou rat brun, mesure jusqu'à 25 centimètres auxquels on rajoute la longueur de sa queue, 15 à 23 centimètres en moyenne.

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