Inondations : Des familles réfugiées dans les hôtels de Marmande, soutenues par leurs assurances
Inondations : Familles réfugiées dans les hôtels de Marmande

Inondations : Des familles réfugiées dans les hôtels de Marmande, soutenues par leurs assurances

Chassées de leurs maisons par les inondations dévastatrices et la tempête Nils, des familles entières ont trouvé refuge dans les hôtels de Marmande, grâce à la prise en charge de leurs assurances. Au chaud et au sec, ces réfugiés comptent les jours avec anxiété, espérant un retour rapide dans leurs foyers, tandis que la solidarité locale s'organise pour les soutenir.

Un refuge provisoire à l'hôtel du Lion d'Or

C'est à l'hôtel du Lion d'Or de Marmande que de nombreux sinistrés ont échoué après avoir évacué leurs domiciles en urgence. Ce week-end des 14 et 15 février, l'établissement de 32 chambres était rempli à 70% par des familles victimes des intempéries. Un havre de paix où les réfugiés se serrent les coudes et tentent de maintenir le moral, malgré les circonstances difficiles.

Cassandra Barrière, son mari et leurs cinq enfants, dont un bébé de 4 mois, ont dû quitter précipitamment leur maison de Taillebourg. « On est parti en bateau, puis en tracteur. Mon mari voulait rester, mais ça devenait trop dangereux », confie la mère de famille, qui a eu le temps de prendre quelques affaires essentielles. « Pour le bébé, j'ai tout pris dans un sac. » Leur assurance habitation leur a proposé un hébergement à l'hôtel pour trois nuits initialement, prolongé jusqu'à mercredi matin. Cependant, Cassandra Barrière doute d'un retour si rapide, sa grande famille étant répartie dans deux chambres seulement.

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Une nuit dantesque et un exil prolongé

Dans la grande salle de séminaire mise à disposition par la gérante Virginie Roques, la famille Barrière a retrouvé des amis du village voisin de Taillebourg, Yoann Fournier et Michèle Biock, également parents de cinq enfants. Ils ont vécu une nuit terrifiante : « La toiture de la maison a été arrachée par la tempête. Il pleuvait à l'intérieur, et le matin, l'eau arrivait par l'inondation ». Après cette épreuve, ils savent que leur exil durera plusieurs mois, leur maison étant désormais sans toiture.

Les questions sans réponse s'accumulent : combien de temps cela va-t-il durer ? L'école reprendra-t-elle lundi ? Où logeront-ils ensuite ? Après une nuit dans un appartement Airbnb, ils ont été redirigés vers l'hôtel Ibis de Marmande par leur assurance. Mais cet établissement, dépourvu d'espaces communs, les pousse à rejoindre leurs amis au Lion d'Or en journée, où la salle de séminaire offre un peu d'espace aux enfants.

L'adaptation difficile des enfants et la solidarité locale

Ces enfants habitués à la campagne et aux grandes maisons de 200 m² peinent à s'adapter à la vie confinée des chambres d'hôtel. « On passe notre temps à leur dire de faire moins de bruit. Ce n'est pas évident pour eux », témoigne Michèle Biock. La gérante du Lion d'Or, Virginie Roques, fait de son mieux pour les aider : « On a essayé de mettre quelques jouets à disposition, un four micro-ondes pour les repas. On essaie de faire ce que l'on peut à notre petit niveau ». Elle admire la résilience de ses clients : « On entend les enfants rire, tout le monde est très calme malgré la situation. »

La solidarité locale s'exprime également. Une Marmandaise apporte un sac de vêtements pour enfants en réponse à une annonce Facebook de Cassandra Barrière. C'est la troisième personne à lui venir en aide. Yoann Fournier et Michèle Biock ont, grâce aux réseaux sociaux, trouvé quelqu'un à Seyches pour prendre en charge leur chienne Loky gratuitement.

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La lassitude grandissante et la détermination à reconstruire

Au Lion d'Or, on croise aussi des sinistrés de Gaujac et la famille marmandaise de Serge et Valérie, réfugiée avec leurs trois enfants après avoir quitté leur maison de Coussan. « Ça commence à devenir long pour les enfants. La première nuit, c'est rigolo. La deuxième, ils se demandent quand on va rentrer. La troisième, ils en ont marre », explique le couple. Ils avaient déjà vécu la crue de 2021 et, conscients des risques d'inondation historiques comme celle de 1981, ils ne s'attendaient pas à subir deux épisodes en cinq ans. « Sur le moment, c'est dur. Mais le reste du temps, on a un cadre de vie tellement génial », affirment-ils, prêts à tout nettoyer et rénover une nouvelle fois.

L'hôtel de la Couronne : un autre point d'accueil

À l'hôtel de la Couronne, près de la gare, une sinistrée de Jusix est hébergée pour dix jours. Plusieurs assurances ont contacté l'établissement ce lundi 16 février pour des devis. « Pendant le week-end, on a plutôt accueilli des journalistes et beaucoup de membres du personnel hospitalier qui ne pouvaient pas rentrer chez eux, des ambulanciers fatigués aussi », indique la réception, soulignant l'impact plus large des intempéries sur la communauté.