Inondations à Aiguillon : quarante sinistrés toujours hébergés au gymnase Louis-Jamet
Inondations à Aiguillon : quarante sinistrés au gymnase

Inondations à Aiguillon : le gymnase Louis-Jamet, refuge temporaire pour quarante sinistrés

À Aiguillon, une quarantaine de personnes sont toujours accueillies au gymnase du stade Louis-Jamet, faute de solution temporaire de relogement. Cette situation perdure depuis bientôt une semaine, après les inondations soudaines qui ont frappé leur quartier samedi dernier, nécessitant une évacuation immédiate. Les sinistrés, contraints de quitter leurs domiciles envahis par les eaux, vivent dans l'incertitude quant à leur avenir.

Une cohabitation difficile dans un espace collectif

La vie dans le gymnase est rythmée par des défis quotidiens. Des tentes ont été installées pour offrir un semblant d'intimité aux familles, certaines y accrochant même des photos personnelles. À l'entrée, des tables alignées évoquent une cantine scolaire, tandis qu'un espace est dédié aux enfants qui courent, jouent ou dessinent. Cependant, la cohabitation entre les résidents temporaires n'est pas toujours facile. « Certains ne supportent pas les cris d'enfants », confie Delphine, une jeune mère de deux enfants âgés de 2 et 5 ans, dont les yeux s'embuent en évoquant cette épreuve.

Virginie et Soraia, deux sinistrées qui ne se connaissaient pas avant cette mésaventure, partagent leur frustration face aux douches « bouillantes » du gymnase et aux tensions occasionnelles. « Il a fallu pousser quelques coups de gueulante », avouent-elles, soulignant la difficulté de vivre dans un espace collectif sans perspective claire de retour chez soi.

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L'incertitude et les défis du relogement

Le sentiment d'incertitude domine parmi les sinistrés. Delphine, qui n'a pas de famille à proximité, exprime sa détresse morale : « L'incertitude est ce qu'il y a de plus difficile à vivre. On ne sait pas du tout comment la situation va évoluer. Toute notre maison a pris l'eau, même la chambre des enfants. Il y a de l'humidité, de la moisissure sur les murs… ». Beaucoup attendent des experts pour évaluer les dégâts avant de pouvoir nettoyer leurs logements, mais les démarches semblent bloquées entre les assurances et la mairie.

Virginie et Soraia résument ce cercle vicieux : « Les assurances nous disent de nous tourner vers la mairie pour trouver une solution. La mairie nous dit de voir aussi avec les assurances. C'est sans fin. ». Cette impasse administrative ajoute au stress des familles, qui espèrent rapidement retrouver un logement, qu'il soit le leur ou un autre.

La mobilisation des bénévoles et l'appel à la solidarité

Face à cette crise, la municipalité d'Aiguillon a lancé un appel aux logements solidaires. Sur ses réseaux sociaux, la Ville écrit : « Certaines personnes ne pourront pas retourner dans leur habitation avant plusieurs jours ou plusieurs semaines. L'hébergement d'urgence est une solution temporaire. Si vous avez un logement, un gîte que vous souhaitez mettre à disposition, contactez-nous ». Cet appel vise à trouver des hébergements temporaires en attendant des solutions plus pérennes.

Sur place, les sinistrés sont entourés par des bénévoles de la Croix-Rouge et des membres de la société civile. Solène Maingueneau, directrice territoriale de l'urgence et du secourisme à la Croix-Rouge, explique : « Nous avons mis en place une cellule d'écoute médico-psychologique. Tous nos bénévoles sont formés. ». Depuis le début de la crise, près de 140 bénévoles ont été mobilisés, et la solidarité locale a bien fonctionné, avec des dons de vêtements et l'intervention gratuite d'un médecin aiguillonnais.

Virginie et Soraia notent également l'afflux de personnes venues spontanément les aider, un point positif dans cette épreuve : « Seul point positif : on a créé des amitiés. ». Samedi dernier, au plus fort des inondations, 150 personnes avaient été accueillies dans le complexe sportif, qui comprend une zone dortoir et une pour les repas, alimentée par la municipalité. Aujourd'hui, l'objectif reste de permettre à tous de reprendre une vie normale, mais le chemin semble encore long pour ces quarante sinistrés d'Aiguillon.

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