Incendie de Crans-Montana : l'enquête s'élargit à de nouveaux responsables municipaux
Ce jeudi 16 avril 2026, le ministère public du Valais a annoncé une extension significative de l'enquête sur le tragique incendie du bar "Le Constellation" à Crans-Montana. Quatre nouveaux responsables et anciens responsables municipaux ont été ajoutés à la liste des personnes mises en cause, portant le total à treize individus visés par les autorités judiciaires.
Des défaillances de sécurité pointées du doigt
Parmi les nouveaux visés figurent l'actuel conseiller communal chargé de la sécurité et son adjoint, ainsi que deux anciens élus ayant exercé leurs fonctions entre 2009 et 2016. Ces auditions, prévues entre le 11 mai et le 3 juin 2026, interviennent après que la commune a reconnu l'absence de contrôles incendie obligatoires dans l'établissement depuis 2019. L'actuel maire, Nicolas Féraud, a déjà été entendu par le procureur général à Sion le 13 avril 2026, et a rejeté toute responsabilité personnelle, affirmant ne pas avoir été alerté de ces manquements.
Me Romain Jordan, avocat des parties civiles, a salué cette avancée : « Le rythme soutenu des auditions montre que nous avançons et, pour les familles, c'est plus que précieux ».
Un lourd bilan humain et des responsabilités en jeu
Pour rappel, l'incendie déclenché par des bougies "fontaine" lors de la Saint-Sylvestre 2025-2026 a coûté la vie à 41 personnes et fait 115 blessés, majoritairement des adolescents et de jeunes adultes. Selon l'Office fédéral de la protection civile, 38 victimes sont encore hospitalisées ou en réadaptation à ce jour, dont la moitié dans des centres à l'étranger, notamment en France et en Italie.
Le principal mis en cause, le co-propriétaire français Jacques Moretti, sera de nouveau auditionné le 5 juin prochain. Ses avocats avaient obtenu un report de sa précédente convocation pour raisons médicales. L'enquête technique a définitivement établi que le feu avait été provoqué par l'embrasement d'une mousse insonorisante au plafond du sous-sol, consécutif à l'usage d'artifices de table.
Cette extension de l'enquête souligne les graves défaillances en matière de sécurité et met en lumière les responsabilités potentielles des autorités locales dans cette tragédie.



