Un collège dijonnais dévasté par les flammes dans la nuit
Dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 décembre, un incendie d'origine vraisemblablement criminelle a gravement endommagé le collège Jean-François Champollion, situé dans le quartier sensible des Grésilles à Dijon. Les salles de cours sont complètement calcinées, le matériel pédagogique a été réduit en cendres, et l'établissement qui scolarise près de 500 élèves restera fermé plusieurs mois pour des travaux de réhabilitation indispensables.
Une enquête qui pointe vers le trafic de stupéfiants
Le procureur de Dijon a confirmé que l'origine volontaire de l'incendie était "très vraisemblable", évoquant "plusieurs départs de feu concomitants". Les autorités locales, dont le préfet et plusieurs responsables politiques, estiment qu'il existe un lien direct entre ce sinistre et les récentes opérations des forces de l'ordre visant à démanteler le trafic de drogue qui sévit dans ce quartier. "C'est un quartier de voyous ici", témoigne une mère de famille qui refuse de donner son nom par crainte de représailles.
L'inquiétude palpable des parents d'élèves
Une dizaine de parents, visiblement choqués, se sont rassemblés lundi matin devant l'établissement dévasté. Nadia, mère d'un élève de 6e, s'emporte : "On nous dit qu'on sera reçu plus tard dans un gymnase plus loin, pas ici, car ils attendent des ministres. Mais c'est nous, les parents, qu'il faut recevoir !". Elle explique avoir pris une journée pour rester avec son fils de 11 ans, profondément affecté par la situation : "Il était au bord des larmes quand il a appris que son collège avait brûlé".
Pascaline, mère d'un élève de 3e, confie son angoisse : "On est stressé par rapport à tout ce qui se passe dans le quartier. Comment rassurer nos propres enfants si nous, on est angoissé ? Comment leur apporter des réponses, si on ne les a pas ?". Une autre mère célibataire, également anonyme, révèle : "C'est la 4e fois parce qu'il y a eu l'école primaire, la médiathèque deux fois, et là le collège ! L'année dernière, ils ont tiré des mortiers sur le collège !".
Les réactions politiques et les mesures d'urgence
Face à l'émotion suscitée par cet événement, les ministres de l'Intérieur Laurent Nuñez et de l'Éducation Edouard Geffray sont attendus sur place ce lundi. François Sauvadet, président du conseil départemental de Côte-d'Or, a rencontré les parents avant leur arrivée et a affirmé : "On ne cédera pas, la République ne cédera pas aux intimidations", promettant la réouverture du collège.
Les pouvoirs publics ont annoncé dans un communiqué que l'organisation des cours jusqu'à la fin de l'année scolaire serait déterminée "dans les prochains jours". Pour l'instant, les élèves basculent en enseignement à distance, mais l'inquiétude persiste quant à la suite après les vacances de fin d'année. "Je sais juste que jeudi et vendredi, ils vont avoir cours en distanciel, mais après les vacances qu'est-ce qu'on va devenir ?", s'interroge Nadia.
Un quartier marqué par la violence récurrente
Le quartier des Grésilles, déjà éprouvé par des incidents similaires par le passé, semble plongé dans un climat de tension permanente. Les stigmates de l'incendie, bien que peu visibles de l'extérieur avec seulement des volets roulants en PVC tordus par la chaleur, révèlent une réalité plus sombre à l'intérieur : couloirs noircis, salles de cours calcinées, et surtout un sentiment d'insécurité qui grandit parmi les familles.
Cette mère anonyme résume le désarroi général : "C'est inadmissible, on a brûlé un lieu sacré. Et ma fille n'est pas en sécurité ici". Alors que l'enquête se poursuit pour identifier les responsables de cet acte criminel, la communauté éducative dijonnaise attend des réponses concrètes et des solutions durables pour assurer la sécurité et la continuité pédagogique de ses 500 élèves.



