Un homme de 31 ans, peintre en bâtiment, a été condamné et incarcéré lundi 17 août par le tribunal correctionnel d'Alès, dans le Gard, pour des violences commises sur sa compagne enceinte de sept mois. Il a été jugé en comparution immédiate après avoir frappé sa victime et l'avoir traînée par les pieds, le 14 août au soir, à leur domicile de Ribaute-les-Tavernes.
Des faits de violences observés par un riverain
Le soir du 14 août, un riverain passant devant le domicile du couple entend d'abord des cris, puis assiste à une dispute dans le jardin. Il est témoin de coups portés et voit la compagne être traînée au sol par les pieds pour être ramenée à l'intérieur de la maison. Les gendarmes sont alertés et interviennent.
Placé en garde à vue, le mis en cause exprime des regrets et présente des excuses, tout en souhaitant être soigné. Placé en détention provisoire le 16 août, il réitère ces propos à l'ouverture de son procès : « Je suis entièrement désolé de ce que j'ai fait. Il faut que j'arrive à me soigner, je le sais. » Il reconnaît avoir insulté sa compagne et l'avoir « tirée par les jambes, ce qui est une violence, mais (je ne l'ai) pas giflée ». Il ajoute, larmoyant : « C'est impardonnable ! »
Le parquet requiert 18 mois d'emprisonnement
Le substitut du procureur de la République, Quentin Larroque, ne se laisse pas attendrir par les excuses du prévenu, qui n'a jamais été incarcéré mais compte cinq mentions à son casier judiciaire. S'appuyant sur les témoignages, il évoque « une scène qui a de quoi vous laisser les bras ballants ». Il rappelle que le mis en cause a déjà bénéficié de peines alternatives à l'incarcération : « On lui a laissé sa chance. Ça fait trois ans qu'il nous promet qu'il va changer, et il ne change pas. » Il lance au prévenu : « Vous ne vous donnez pas le mal de changer ! »
Le parquet requiert 18 mois d'emprisonnement, dont neuf avec sursis probatoire, un maintien en détention, des soins, ainsi qu'une interdiction d'entrer en contact avec la victime et de se présenter à son domicile.
La défense plaide la personnalité du prévenu
Me Euria Thomasian, avocate de la défense, met en avant le passé difficile de son client : « Il dit que ce qu'il a fait est horrible parce que, étant enfant, il a vécu ce qu'il s'est passé. » Pour elle, la prison ne va pas améliorer sa situation : « Il n'a pas voulu faire mal volontairement. Il est prisonnier de son passé ; il est prisonnier de sa souffrance. »
L'avocate qualifie ce dossier de « très particulier » et décrit son client comme « quelqu'un de bienveillant envers sa compagne ». Elle demande aux juges d'écarter le mandat de dépôt. Après délibéré, le tribunal suit le réquisitoire et renvoie le compagnon violent en cellule, mais ne prononce pas les interdictions de contact et de paraître au domicile de la victime.
Avant de quitter le box, le condamné tourne son regard vers sa conjointe et pousse un ouf de soulagement. La victime, présente dans la salle d'audience, a refusé de se constituer partie civile.



