Le mouvement de grève des soignantes du service d'Hospitalisation à domicile (HAD) de l'hôpital de Grasse, entamé le 28 mai 2026, s'apprête à entrer dans son quatrième mois. La situation ne s'améliore pas, alors que la direction refuse toujours de formaliser ses engagements par écrit. Les agentes dénoncent un quotidien marqué par des promesses non tenues et un épuisement professionnel généralisé.
Une fuite des effectifs qui compromet la continuité des soins
Face à la hausse constante de l'activité du service, la direction générale a fini par concéder des embauches. Mais sur le terrain, cette mesure s'apparente à un pansement sur une plaie ouverte. « Le service fait face à une véritable fuite des effectifs : pour chaque nouveau contrat signé, les départs se multiplient », livrent Candice Julou et Nathalie Guilleminot pour la CGT.
Ce turnover incessant déstabilise l'organisation, comme en témoigne une infirmière : « fatigue des équipes usées de devoir former continuellement de nouvelles recrues qui finissent par jeter l'éponge ». Il compromet gravement la continuité des soins prodigués aux patients à leur domicile.
Numérisation du travail au point mort
Le chantier de la modernisation du service est également à l'arrêt. Rien n'a été entrepris pour la numérisation du travail. Les agentes continuent de se débattre avec des tâches administratives lourdes, manuelles et obsolètes « qui grignotent un temps précieux qui devrait pourtant être exclusivement dédié au soin et à l'accompagnement des malades », précise une collègue de travail.
Le fiasco de la « voiture consentie »
Le renouvellement de la flotte automobile était l'une des exigences prioritaires des grévistes. En guise de réponse, la direction a consenti à l'attribution d'un véhicule. Mais ce geste a rapidement tourné à la dérisoire ironie. Le véhicule fourni s'avère inadapté à la médecine itinérante : deux portes seulement, ce qui rend le chargement et le déchargement quotidien du matériel médical lourd laborieux pour le dos des soignantes. Une vitre passager est bloquée. L'absence de connexion Bluetooth, pourtant indispensable aujourd'hui pour coordonner les urgences téléphoniques en kit mains libres ou utiliser le guidage GPS de manière sécurisée lors des tournées.
Une déception profonde face à une direction inflexible
L'amertume et la déception des agentes de l'HAD de Grasse sont aujourd'hui à la hauteur de leur engagement. Le protocole de sortie de grève qu'elles avaient proposé a été refusé par la direction. En refusant de formaliser ses engagements par écrit à travers un protocole de fin de conflit clair, la direction - qui n'a pas souhaité s'exprimer - maintient le dialogue social dans l'impasse.



