Un hommage vibrant sous les fenêtres du ministère
Ce samedi 9 juin, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées place Vendôme à Paris, sous les fenêtres du ministère de la Justice, pour rendre hommage à Lyhanna, une jeune femme de 23 ans tuée par son compagnon la semaine dernière dans le Val-d'Oise. Les manifestantes, majoritairement des femmes, ont scandé des slogans comme « C'est une honte pour notre pays » et « Justice pour Lyhanna », dénonçant l'inaction des autorités face aux violences conjugales.
Des témoignages poignants
De nombreuses personnes ont pris la parole pour évoquer le parcours de Lyhanna, qui avait déjà porté plainte à plusieurs reprises contre son conjoint sans que des mesures de protection suffisantes ne soient prises. « Elle a alerté, elle a crié, mais on ne l'a pas écoutée », a déclaré une amie de la victime, la voix brisée par l'émotion. Des pancartes portaient des messages comme « Combien de mortes faudra-t-il ? » ou « Les féminicides sont politiques ».
Le collectif « Nous Toutes », à l'origine du rassemblement, a rappelé que depuis le début de l'année 2026, plus de 80 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en France. « Chaque féminicide est un échec de l'État », a martelé une porte-parole du collectif, appelant à des mesures concrètes comme la généralisation des bracelets anti-rapprochement et la formation des policiers et des juges.
Des interpellations en marge du rassemblement
En marge de la manifestation, quelques heurts ont éclaté entre des jeunes et les forces de l'ordre, qui ont procédé à une dizaine d'interpellations. Des gaz lacrymogènes ont été utilisés pour disperser un groupe de manifestants qui tentaient de bloquer la circulation. Cependant, la majorité du rassemblement s'est déroulé dans le calme, dans une atmosphère recueillie et déterminée.
Une mobilisation qui s'étend
Des hommages similaires ont eu lieu dans plusieurs autres villes de France, notamment à Lyon, Marseille et Lille. À Paris, la famille de Lyhanna a reçu le soutien de nombreuses associations féministes. Le ministre de la Justice, interrogé plus tôt dans la journée, a promis une « évaluation des procédures » et a annoncé la création d'une mission d'inspection sur le suivi des plaintes pour violences conjugales. Une promesse qui n'a pas suffi à calmer la colère des manifestantes, qui réclament des actes, pas des mots.
« On ne veut plus de ces promesses qui ne sont jamais tenues. On veut que les femmes soient protégées, point final », a conclu une manifestante, brandissant une photo de Lyhanna souriante, entourée de ses proches.



