Dans une chronique publiée par Libération, Daniel Schneidermann analyse l'affaire Hamza, un entrepreneur franco-algérien interpellé par la douane française à son retour d'Algérie. Selon le journaliste, cette affaire illustre une utilisation politique de l'administration douanière, détournée de sa mission première pour servir des objectifs de diversion.
Une interpellation controversée
Hamza, dont le nom complet n'est pas divulgué, a été arrêté à l'aéroport de Roissy alors qu'il revenait d'un voyage d'affaires. La douane a saisi une somme d'argent liquide et des documents, invoquant des soupçons de fraude fiscale. Schneidermann souligne que cette interpellation intervient dans un contexte de tensions entre la France et l'Algérie, et que le timing coïncide avec des critiques gouvernementales sur la politique migratoire.
Une diversion providentielle
Pour Schneidermann, l'affaire Hamza sert de « diversion providentielle » pour le gouvernement, permettant de détourner l'attention de sujets épineux comme la réforme des retraites ou la crise du logement. Il cite des sources anonymes au sein de l'administration qui évoquent des pressions politiques pour intensifier les contrôles douaniers ciblant certaines communautés. « La douane devient un instrument de règlement de comptes politiques », écrit-il.
Un précédent inquiétant
Le journaliste rappelle que ce n'est pas la première fois que la douane est utilisée à des fins politiques. Il mentionne le cas de l'activiste écologiste Camille Étienne, contrôlée à plusieurs reprises lors de ses déplacements. Selon Schneidermann, ces pratiques « sapent la confiance dans les institutions » et « banalisent l'arbitraire ». Il appelle à une réforme de la douane pour garantir son indépendance.
Réactions et conséquences
L'affaire a provoqué des réactions contrastées. Du côté de l'opposition, on dénonce « un État policier ». Le gouvernement, par la voix du ministre des Comptes publics, a défendu l'action de la douane, affirmant qu'elle « applique la loi sans distinction ». Schneidermann conclut que cette affaire révèle les dérives potentielles d'un État qui utilise ses administrations pour des fins partisanes.



