Hache à Nice : un homme condamné pour menaces
Hache à Nice : un homme condamné pour menaces

Un homme de 44 ans a été condamné ce lundi par le tribunal de Nice à 18 mois d'emprisonnement, dont 6 mois avec sursis, pour avoir menacé son voisin et des policiers avec une hache le 22 juillet dernier. Il devra également suivre une obligation de soins et respecter une interdiction de contact avec les victimes et de paraître sur les lieux des faits. Le prévenu, présenté détenu, a été maintenu en détention à l'issue de l'audience.

Une intervention policière sous haute tension

Les faits se sont déroulés le 22 juillet vers 22 heures, avenue Maréchal-Foch à Nice. Alertés par un voisin signalant qu'un homme avait une hache à la main, les policiers se sont rendus sur place. Au 5e étage de l'immeuble, le prévenu, retranché dans son appartement, hurlait et frappait les murs avec sa hache. Face à cette situation, les forces de l'ordre ont fait appel à des renforts saisonniers, un groupe de CRS originaires de Pau.

Une colonne d'assaut a été constituée et un bélier a été utilisé, formant un trou de 30 centimètres de circonférence dans la porte. Le forcené, qui menaçait de tuer tout le monde avec sa hache, a alors donné des coups à travers l'ouverture, « au point d'effleurer la main des policiers avec », a précisé le président Édouard Levrault. Les forces de l'ordre ont ensuite utilisé un taser, tirant deux salves. Un policier a réussi à récupérer les clés à travers le trou, permettant de maîtriser l'homme et de l'emmener à la caserne Auvare.

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Un prévenu marqué par des troubles psychiques

Dans le box vitré, le prévenu s'est exprimé de manière intempestive, se défendant en évoquant une morsure de chien : « Regardez ma main, son chien m'avait mordu », a-t-il déclaré à propos de son voisin. Il a expliqué avoir menacé ce dernier avec la hache parce que cela l'avait « rendu fou », ajoutant : « J'ai voulu lui faire peur. » Interrogé par le président sur des propos comme « Vive la Bible, vive dieu » et « Vous les flics je vais arracher vos armes et vous tuer », il a répondu : « Je n'ai pas proféré de menaces. J'aurais pu trancher la main quand ils ont cherché les clés mais je me suis dit que ça irait trop loin. »

Sous curatelle renforcée, M. est régulièrement hospitalisé à Sainte-Marie et suit un traitement particulièrement fort pour soigner une psychose. Il a été hospitalisé d'office après sa garde à vue, durant laquelle « il a inhalé le plâtre sur le mur comme s'il sniffait de la cocaïne », a détaillé son avocat, maître David-André Darmon. Ce dernier a plaidé : « Ça fait 11 ans qu'il n'a pas fait reparler de lui, cette crise psychotique interpelle, un docteur a dit que sa place n'était pas au tribunal. » La procureure Mélody Kergonou a constaté : « Lors du défèrement, il avait des propos difficilement compréhensibles. »

Une peine prononcée en tenant compte du discernement

L'avocate de trois policiers s'étant constitués partie civile, maître Alexandra Badea, a déclaré : « J'entends la problématique psychiatrique. [Les policiers ont trouvé] une scène d'horreur. Il voulait faire peur et il a réussi. » Le ministère public a qualifié le dossier de « particulier », s'attardant sur la vie cabossée du prévenu et la question du discernement, avant de requérir une peine de 24 mois d'emprisonnement dont 6 mois assortis d'un sursis probatoire avec une obligation de soins.

Au final, le tribunal a condamné le prévenu à 18 mois d'emprisonnement dont 6 avec sursis, avec une obligation de soins, une interdiction de contact avec les victimes et une interdiction de paraître sur le lieu des faits. Le prévenu est maintenu en détention.

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