Guyane 2007 : le miracle de deux randonneurs perdus 50 jours en forêt vierge
Guyane 2007 : deux randonneurs perdus 50 jours en forêt vierge

Guyane 2007 : le miracle de deux randonneurs perdus 50 jours en forêt vierge

Le 13 février 2007, une aventure hors du commun débute en Guyane française. Loïc Pillois, 34 ans, paysagiste médocain originaire de Margaux, marié et père de famille, et son ami Guilhem Nayral, varois du même âge, disparaissent dans l'immensité de la forêt amazonienne. Leur randonnée, prévue pour durer entre six et dix jours, va se transformer en une épreuve de survie de cinquante jours qui défraiera la chronique et mobilisera d'importants moyens de secours.

Une passion partagée qui tourne au cauchemar

Les deux hommes, tous deux paysagistes, se sont connus lors de leurs études de BTS à Pau. Unis par leur passion commune pour les végétaux, ils avaient déjà effectué deux voyages en Guyane pour explorer ce poumon vert et en rapporter de superbes photographies. Leur projet, ambitieux, consistait à parcourir une centaine de kilomètres à travers la forêt, du saut Grand Kanori jusqu'à la commune isolée de Saül, en se guidant uniquement avec des cartes et des boussoles, sans GPS ni téléphone satellitaire.

Le 12 février, après leur arrivée en Guyane, ils descendent à Régina et remontent le fleuve Approuague avec un piroguier jusqu'au point de départ de leur randonnée. Leur retour à Paris est prévu pour le 27 février. Mais très vite, l'inquiétude grandit dans leurs familles. Angélique Pillois, épouse de Loïc, enceinte de cinq mois et mère d'une petite fille de deux ans et demi, tente de garder espoir malgré l'absence de nouvelles.

Un environnement hostile et des recherches intensives

La disparition des deux randonneurs survient en pleine saison des pluies, dans une forêt particulièrement dense et hostile, peuplée de jaguars, pumas, anacondas et mygales. Cette immense étendue, d'une superficie proche de celle du Portugal, est décrite par les témoins comme un lieu où « on n'aperçoit même pas le ciel » et où il est extrêmement facile de se perdre.

La gendarmerie guyanaise lance immédiatement des recherches d'envergure. Des hélicoptères sont mobilisés, tandis que des gendarmes, accompagnés de pisteurs indiens spécialisés, se rendent au point de départ. Parallèlement, des militaires experts de la forêt amazonienne partent de Saül pour tenter de retrouver leur trace. Malgré ces efforts, les recherches restent infructueuses et sont interrompues le 26 mars, provoquant la consternation des familles qui réclament leur reprise.

Le retour miraculeux après cinquante jours d'errance

Le 5 avril 2007, un coup de téléphone inattendu vient mettre fin à sept semaines d'angoisse pour la famille Pillois. Loïc, vivant, appelle depuis Saül pour annoncer qu'il est sain et sauf, mais qu'il a dû laisser Guilhem derrière lui, incapable de marcher. Il explique s'être perdu avec son ami et avoir finalement réussi à atteindre la commune à pied pour alerter les secours.

Quelques heures plus tard, Guilhem Nayral est localisé et hélitreuillé depuis un carbet où Loïc l'avait installé avant de partir chercher de l'aide. Les deux hommes, bien qu'amaigris – Guilhem ayant perdu 25 kilos – et épuisés, sont en vie. Leur survie tient du miracle, mais aussi de leur ingéniosité et des ressources de la forêt.

Une survie extrême grâce aux ressources de la forêt

Durant ces longues semaines d'errance, Loïc et Guilhem ont dû puiser dans la forêt amazonienne pour se nourrir et survivre. Ils ont consommé des graines de palmier, des mygales, des crapauds, des grenouilles et des coléoptères, testant progressivement divers fruits. Équipés de purificateurs d'eau, de machettes pour se frayer un chemin et de hamacs pour ne pas dormir à même le sol, ils ont su s'adapter à un environnement où la végétation est si dense qu'une piste peut passer inaperçue à dix mètres.

De retour à Margaux, Loïc Pillois, après avoir repris des forces, reconnaît avec humilité certaines imprudences. Interrogé sur ce qu'il changerait, il répond sans hésiter : « On prendrait un téléphone satellitaire. » Cette aventure, digne des plus grands romans d'exploration, se termine heureusement, mettant fin au cauchemar vécu par leurs proches et rappelant les dangers et les mystères de l'immense forêt guyanaise.