Guillaume Pley, fondateur du média Legend, a annoncé ce 12 août qu'il déposait plainte en diffamation, selon une information de BFMTV, après la publication de plusieurs enquêtes journalistiques l'accusant d'échanges à caractère sexuel avec des mineures et de management toxique. Ces révélations, portées par « Les Inrocks » et « Le Monde », ont déclenché une vive polémique autour de l'ancien animateur de NRJ.
Des échanges avec des adolescentes au cœur des accusations
Selon les enquêtes des « Inrocks » et du « Monde » publiées début août, Guillaume Pley aurait eu des conversations à caractère sexuel avec de jeunes filles alors qu'elles étaient mineures. Les deux médias affirment avoir consulté une partie de ces échanges. Ils donnent notamment la parole à Louise (prénom modifié), qui dit avoir commencé à discuter avec l'animateur à l'âge de 14 ans, tandis que lui en avait 26. Une autre jeune femme, Mina (prénom modifié), raconte également avoir échangé avec lui durant son adolescence.
Des conditions de travail dénoncées par d'anciens salariés
La polémique ne se limite pas aux échanges privés. Plusieurs anciens salariés, stagiaires et collaborateurs de Legend décrivent, dans l'enquête des « Inrocks », des conditions de travail difficiles, voire toxiques. Ils évoquent des semaines de soixante à soixante-dix heures, des périodes de travail nocturne et un management passif-agressif ayant conduit à des situations d'épuisement et de burn-out. Certains dénoncent également des propos qu'ils jugent « sexistes » et « racistes ».
La défense de Guillaume Pley contestée par ses anciens collaborateurs
Dans un communiqué publié le 7 août sur Instagram, Guillaume Pley conteste une partie des accusations. Il affirme que les messages envoyés depuis son compte Facebook aux jeunes adolescentes « n'émanaient pas tous de lui directement », assurant que son équipe avait accès à ses comptes personnels. Il reconnaît néanmoins avoir eu des échanges « clairement inappropriés » avec des membres de son public, ajoutant : « Ce qui était peut-être acceptable à l'époque ne l'est plus [aujourd'hui] ».
Cette défense est vivement critiquée par d'anciens collaborateurs. Florent Le Gars, son ancien auteur et co-animateur sur NRJ, lui a répondu sur Instagram : « Les équipes n'ont jamais eu accès à tes messages privés sur les réseaux sociaux. Nous n'avons pas envoyé ces messages. Je n'accepterai pas que tu essaies de faire croire que c'était nous ». Julien Seeberger, alias Julien le Stagiaire, a également réagi : « Discussion provenant de ton compte Facebook privé ! Avions-nous ton mot de passe ? NON ! Plouf plouf ta défense ! ».
Le succès de Legend et ses conséquences
Avant ces révélations, le créateur de contenu TPZ, dont la chaîne YouTube compte 200 000 abonnés, avait diffusé le 2 août une vidéo de plus d'une heure consacrée à Guillaume Pley et à son média. Cette vidéo cumule plus d'un million de vues. TPZ y évoque la proximité de Pley avec Manuel Diaz, ancien directeur de campagne numérique de Nicolas Sarkozy en 2012, et le rôle de ce dernier dans le développement de Legend.
Legend, qui compte 3,7 millions d'abonnés sur YouTube et environ 8 millions d'écoutes mensuelles pour son podcast, reçoit des personnalités de premier plan, de François Hollande à Jordan Bardella, ainsi que des entrepreneurs comme Bernard Arnault ou Mathieu Pigasse. Selon les pure players Maddyness et l'Echo, les investisseurs belges Ségolène Frère et Ian Gallienne auraient acquis 25 % du capital de Legend pour près de 17 millions d'euros, valorisant l'entreprise autour de 72 millions d'euros.
Les conséquences à long terme pour Legend restent inconnues : maintien des investisseurs, poursuite de la tournée « Legend Tour » prévue à partir du 7 octobre, éventuelles procédures judiciaires seront autant d'indicateurs à suivre. L'affaire dépasse désormais la seule personnalité de l'animateur et pose la question du fonctionnement et des pratiques de Legend, devenu un acteur important du paysage médiatique français.



