Grève au lycée Jean-Vigo de Millau : un délai de dix jours obtenu
Grève au lycée Jean-Vigo de Millau : délai de dix jours

Ce mardi 22 septembre, plus d'une centaine de personnels du lycée Jean-Vigo de Millau étaient en grève pour dénoncer un manque d'effectifs. Reçue à Rodez par les services de l'Éducation nationale, une délégation a obtenu un délai de dix jours pour de premières réponses. La grève a été levée.

Une mobilisation massive devant l'établissement

Les centaines d'élèves du lycée Jean-Vigo de Millau pensaient commencer leur journée de cours comme à leur habitude ce mardi matin. Mais ils ont rapidement compris qu'ils allaient pouvoir rentrer chez eux : face à la grève reconductible lancée par les personnels de l'établissement, aucun cours n'était assuré. Ils étaient plus d'une soixantaine d'enseignants et personnels présents devant le lycée, tandis que plus d'une centaine étaient en grève.

Cette mobilisation fait suite à plusieurs difficultés de fonctionnement rencontrées depuis la rentrée : deux postes de proviseurs adjoints non pourvus, un poste d'enseignant en travaux pratiques manquant au lycée professionnel, qui met en péril l'ensemble de la filière, ainsi que des effectifs d'assistants d'éducation (AED) jugés insuffisants. « On a peur de passer à côté d'une situation où un collègue est au bord du burn-out ou de ne pas pouvoir aider les élèves en difficulté », confie Marie Massenet, enseignante d'anglais au lycée.

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Un contexte de travaux et d'internat externalisé

Cette mobilisation intervient dans un contexte particulier pour l'établissement millavois. Depuis le mois de mars, la Région Occitanie a engagé une vaste opération de réhabilitation et de rénovation énergétique du lycée. Un chantier d'envergure, prévu pour s'étaler jusqu'en 2029, qui s'accompagne de nombreux désagréments pour les élèves comme pour les personnels. Les 110 élèves internes sont, eux, actuellement logés à l'hôtel Campanile de Millau. Une situation qui doit se poursuivre le temps des travaux de l'internat, dont la livraison est prévue pour la rentrée 2027.

« Avec l'internat qui est externalisé, on a un CPE et des AED qui ne sont pas au lycée. Donc ça rajoute de la charge de travail, des heures supplémentaires pas payées, et on nous enlève quand même des AED. C'est une situation qui met les élèves en danger, car on passera à côté de situations graves », assure Pierre Rolland, professeur d'EPS au lycée.

Des tâches invisibles et une cyberattaque qui aggravent la situation

Au-delà de la surveillance et de l'encadrement des élèves, les enseignants alertent également sur les conséquences du manque de personnel pour les tâches administratives. Selon eux, le lycée ne serait actuellement pas en capacité d'inscrire les élèves aux épreuves du baccalauréat dans de bonnes conditions, faute de personnel suffisant. « Il y a beaucoup de tâches invisibles dans le lycée. Le CPE et les surveillants organisent les examens, il faut qu'ils soient là pour le bac blanc… C'est énormément de travail », explique Marie Massenet.

À cette surcharge s'ajoutent les difficultés liées à la cyberattaque qui a touché les services de l'Éducation nationale cet été. « Le système informatique ne fonctionne pas, le personnel doit assurer l'administratif de la cantine à la main. Ils sont dans une surcharge de travail phénoménale et on craint que, lorsque les serveurs remarcheront, on ait un retard énorme à rattraper », s'inquiète l'enseignante.

Un délai de dix jours avant de nouvelles décisions

Une délégation a été reçue dans la matinée par la Directrice académique des services de l'Éducation nationale (DASEN) à Rodez. Elle a indiqué que les services allaient chercher un proviseur adjoint pour l'établissement et qu'une réponse devrait être apportée dans un délai de dix jours. « Ils vont voir ce qu'ils peuvent faire aussi pour trouver des heures supplémentaires pour une CPE et rajouter un surveillant. Pour le professeur de travaux pratiques, ils ne savent pas », précise Marie Massenet.

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À la suite de cette rencontre, les personnels ont décidé de lever la grève. Une assemblée générale est prévue jeudi 1er octobre afin de décider de la suite du mouvement selon les réponses apportées par la DSDEN. D'ici là, le personnel entend poursuivre le fonctionnement de l'établissement « en mode dégradé » et réfléchir aux moyens de pallier le manque d'accompagnement et de formation pour certains élèves.