Un sexagénaire a été condamné ce lundi par le tribunal de Grasse à trois ans de prison ferme pour détention d'images pédopornographiques. Les faits ont été révélés lors du démantèlement de la plateforme Coco en juin 2024. La présidente du tribunal, Laurie Duca, a décrit des images d'une violence inouïe, mettant en scène de très jeunes enfants.
Des images insoutenables décrites à l'audience
« J'ai rarement vu de telles images », a déclaré la présidente Laurie Duca, évoquant les 41 fichiers retrouvés dans l'ordinateur du prévenu. Elle a précisé qu'il s'agissait de « petits bébés potelés, âgés de 18 mois à 3 ans », dans un silence pesant. Le prévenu, un homme d'une soixantaine d'années, a adopté une attitude virulente, coupant la parole à la présidente, niant les faits et se présentant comme une victime, allant jusqu'à demander un dédommagement à la justice.
Les faits se sont déroulés entre janvier 2020 et mars 2021. C'est grâce au démantèlement de la plateforme Coco en juin 2024 que la cyber gendarmerie nationale a identifié l'individu. La magistrate a expliqué que malgré la présence de modérateurs et des règles de bannissement, des comportements graves persistaient sur la plateforme, notamment des menaces, des faits liés à la prostitution ou des échanges concernant des armes. Certains bannissements pouvaient être levés via un abonnement premium ou le paiement d'une amende.
Une enquête internationale et des propos révoltants
L'enquête, de grande ampleur et à dimension internationale, s'est appuyée sur le croisement de données avec la NCMEC, une association américaine spécialisée dans la protection des mineurs en ligne, ainsi que sur des données techniques et financières comme des numéros de carte bancaire, des données de connexion et des courriels. « Ce dossier international a entraîné la mise au jour de toute une kyrielle de petits dossiers », a ajouté Laurie Duca, dont celui du prévenu.
À la barre, l'homme a tenu des propos révoltants. Interrogé sur son utilisation de Coco, il a reconnu s'y être rendu pour des contacts, mais a nié ses déclarations faites en garde à vue, où il avait admis avoir éprouvé de l'excitation à la vue de vidéos pédophiles. Il a même comparé la réception de ces vidéos à une « surprise comme dans des kinders », provoquant la stupéfaction du tribunal. La présidente a tenté de le sensibiliser : « Derrière ces images, il y a des enfants qui vont être définitivement abîmés physiquement, ce sont des enfants psychologiquement abîmés. » Le prévenu n'a montré aucune empathie.
La condamnation et ses conséquences
Le procureur Gwennhael De-Clercq a requis 5 ans d'emprisonnement, soulignant la gravité exceptionnelle des faits et leur banalisation par l'intéressé. « Derrière chacun de ces 41 fichiers, il y a un enfant, un bébé, une victime de viol, dont les images continuent d'exister et de circuler : à chaque demande, c'est la persistance de cette violence qui se prolonge », a-t-il déclaré. La défense a plaidé que tout était synchronisé sans réelle intention de détenir ou diffuser.
Le tribunal a finalement condamné le prévenu à trois ans d'emprisonnement avec maintien en détention, ainsi qu'à une inscription au FIJAIS (Fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes). Cette décision vise à protéger les mineurs et à marquer la gravité de ces actes.



