Graffitis antisémites à Bègles visant un adjoint lié à Vichy
Des graffitis injurieux et antisémites ont récemment été découverts dans les rues de Bègles, en Gironde, suscitant une vive émotion au sein de la municipalité. Ces inscriptions, qui ont rapidement été effacées par les services municipaux, ciblaient directement Fabrice Delavoye, le nouvel adjoint au maire Christian Bagate, élu lors des dernières élections municipales.
Une allusion historique controversée
Les tags, portant les mentions « Ni Vichy ni Delavoye » et « Heil Delavoye », font référence à une déclaration maladroite de l'élu lors de l'installation du nouveau conseil municipal, le samedi 28 mars. Fabrice Delavoye avait alors évoqué son ascendance familiale, révélant que son arrière-grand-père, Pierre-Henri Rosières, avait été nommé maire de Bègles sous le régime de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale.
Cette révélation a provoqué une onde de choc dans la ville, bien que des documents historiques, notamment une note des renseignements datant de 1947 ou 1948, tendent à absoudre Pierre-Henri Rosières. Ce dernier est décrit comme un « magistrat social » proposé « sur l'insistance » de son prédécesseur, Lucien Lerousseau, maire SFIO de l'époque.
Une réaction indignée de l'élu visé
Sur son profil Facebook, Fabrice Delavoye a vivement réagi à ces actes de vandalisme, les qualifiant d'« ignobles » et d'« une honte ». Il a déclaré : « Ces tags, qui visent ma personne et salissent notre ville, résonnent en moi comme une blessure personnelle, une atteinte à ma dignité autant qu'à celle de la ville que j'aime et que j'ai juré de servir. » L'adjoint au maire a également souligné que ces graffitis, bien qu'effacés, laissent une trace indélébile dans la mémoire collective de Bègles.
Un contexte politique sensible
Cet incident intervient dans un contexte politique local particulièrement sensible, marqué par les récentes élections municipales et l'installation d'une nouvelle équipe dirigeante. Les autorités municipales ont condamné fermement ces actes, rappelant leur engagement en faveur de la lutte contre toutes les formes de discrimination et d'antisémitisme. Une enquête a été ouverte pour identifier les auteurs de ces graffitis, qui pourraient faire l'objet de poursuites judiciaires pour incitation à la haine raciale.
La ville de Bègles, connue pour son histoire riche et parfois tumultueuse, se retrouve ainsi au cœur d'une polémique qui mêle mémoire historique, politique locale et questions identitaires. Les habitants et les associations locales appellent à l'apaisement et au dialogue, afin de préserver la cohésion sociale et le vivre-ensemble dans cette commune de la métropole bordelaise.



