Jorge Martins Correa, le gourou de la communauté de l'Athanor à Montpellier, comparaît à partir de ce vendredi 18 septembre devant la cour d'assises de l'Aude à Carcassonne. Cet homme de 53 ans, faux thérapeute, avait été condamné à 18 ans de réclusion par la cour criminelle de l'Hérault pour des viols et des agressions sexuelles sur ses adeptes, mais aussi sur sa fille et ses belles-filles alors mineures. Il a fait appel de cette décision.
Un procès en appel très attendu
Pendant les cinq jours de son premier procès, Jorge Martins Correa avait nié les faits les plus graves, récusant tout viol, à la fois à l'encontre de sa poignée de fidèles à qui il faisait prendre du LSD, puissant hallucinogène, ou du MDMA, la drogue de l'amour. Il avait cependant, en toute fin d'audience et du bout des lèvres, reconnu des agressions sexuelles intrafamiliales. Il s'expliquera lors des débats, alors que son nouvel avocat, Me Paul David, contacté, réserve ses déclarations à la cour.
La question de l'endoctrinement de type sectaire et des abus qui en auraient découlé sera au cœur de ce nouveau procès. Dans son arrêt très détaillé, la cour criminelle de l'Hérault a évoqué « le processus d'endoctrinement mis en place par l'accusé, ayant conduit les parties civiles à une situation d'emprise et de sujétion psychologique ».
Une emprise sectaire et des pratiques dénoncées
Jorge Martins Correa avait créé sa communauté dite de l'Athanor, au cœur de Montpellier, où il accueillait des jeunes adultes en quête de sens existentiel. Il se faisait appeler « Maître » et se présentait comme un thérapeute. Selon l'arrêt de la cour criminelle, il fallait se conformer à la doxa et au gourou, violent, manipulateur et pervers, pour obtenir des faveurs sexuelles avec un ou plusieurs partenaires en même temps, sa marotte.
« La perspective de la reviviscence du procès pour les victimes est terrible », réagit de son côté Me Valérie Coriatt, partie civile. « Nous ignorons quelle sera sa position en appel, si c'est une main tendue vers les victimes pour une reconnaissance des faits, ou au contraire leur faire revivre avec le même dédain, mépris et autosuffisance ce procès. »
Un enjeu majeur pour les victimes
Ce nouveau procès, qui se déroule à la cour d'assises de l'Aude, est un moment décisif pour les victimes, qui devront à nouveau témoigner des violences subies. La décision des juges d'appel sera attendue avec une attention particulière, tant par les parties civiles que par l'accusé. L'issue de ce procès déterminera si la peine de 18 ans de réclusion est confirmée ou modifiée.



