Goodyear : une lanceuse d'alerte révèle que 50 000 pneus défectueux circulent encore
Goodyear : 50 000 pneus défectueux encore en circulation

Goodyear : une alerte persistante sur des pneus dangereux

L'affaire Goodyear prend une nouvelle tournure alors qu'une lanceuse d'alerte révèle que des dizaines de milliers de pneus potentiellement défectueux pourraient encore être utilisés sur les routes. Sophie Rollet, à l'origine de la procédure judiciaire en France, affirme que près de 50 000 pneus de la marque américaine circuleraient toujours dans le monde, malgré leur implication suspectée dans plusieurs accidents mortels de poids lourds.

Une décision judiciaire controversée

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon a rendu le 11 mars une décision favorable à Goodyear, autorisant le retrait de certains documents saisis lors de perquisitions en 2024. Pour Sophie Rollet, veuve d'un chauffeur routier décédé après l'éclatement d'un pneu, cette décision représente un "effet de procédure" qui risque de retarder considérablement l'affaire. Elle craint surtout que cela permette au groupe de soutenir, lors d'un éventuel procès, que les pneus concernés ne circulent plus.

Lors de l'audience du 25 février, la lanceuse d'alerte a rappelé aux avocats de Goodyear qu'elle continuait de recevoir des signalements du terrain. Des techniciens spécialisés et des conducteurs routiers lui ont transmis des alertes en 2025, confirmant la présence persistante de ces pneus sur les routes.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des accidents mortels et des soupçons accrus

L'enquête ouverte à Besançon concerne actuellement trois accidents mortels survenus en France en 2014 et 2016, impliquant des poids lourds équipés de pneus Goodyear. Ces collisions ont fait quatre victimes. Les investigations ont montré que plusieurs accidents avaient été provoqués par l'éclatement du pneu avant gauche des camions, entraînant la perte de contrôle du véhicule.

Les enquêteurs soupçonnent le fabricant d'avoir eu connaissance d'un défaut de fabrication sur certains modèles sans en informer ses clients. Depuis la mise en examen en mai 2025 de deux entités de Goodyear à Besançon pour tromperie, plusieurs procédures concernant de nouveaux accidents mortels de poids lourds survenus la même année auraient été renforcées.

Des programmes d'échange volontaires insuffisants

Goodyear avait mis en place à partir de 2013 des "programmes volontaires d'échange" pour ces pneus. L'entreprise assure avoir contacté "directement et de manière proactive ses distributeurs et ses clients". Selon le groupe, compte tenu de ces échanges et de la durée de vie normale d'un pneu, aucun des modèles concernés ne serait aujourd'hui encore utilisé.

Cependant, ces pneus n'ont jamais fait l'objet d'un rappel obligatoire. En avril 2025, le procureur de la République de Besançon de l'époque, Étienne Manteaux, indiquait qu'ils pouvaient encore être trouvés à la vente sur certains sites d'occasion en Europe de l'Est.

Une vigilance internationale

Sophie Rollet, qui surveille ce dossier depuis près de dix ans, évoque également un documentaire espagnol diffusé en 2025 dans l'émission d'investigation Salvados. Ce reportage affirmait qu'environ 50 000 pneus de la marque étaient encore en circulation dans le monde, confirmant ainsi les craintes de la lanceuse d'alerte.

Contacté par l'AFP, Goodyear a indiqué ne pas souhaiter commenter les procédures judiciaires en cours. Les dossiers concernant les nouveaux accidents mortels font désormais l'objet d'un suivi particulier par les magistrats et les enquêteurs, selon Sophie Rollet, qui continue de militer pour une transparence totale sur cette affaire aux conséquences potentiellement dramatiques.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale