Gisèle Pelicot révèle le choc de la découverte des vidéos filmées à son insu par son mari
Gisèle Pelicot: le choc des vidéos filmées à son insu

Le témoignage bouleversant de Gisèle Pelicot sur la découverte des images filmées à son insu

Dans son ouvrage Et la joie de vivre qui paraîtra le 17 février prochain chez Flammarion, Gisèle Pelicot livre un témoignage poignant sur le moment où sa vie a basculé. La victime des viols de Mazan revient en détail sur cette journée du 2 novembre 2020 où elle a découvert l'horreur des images filmées à son insu dans sa propre chambre.

Une convocation au commissariat qui allait tout révéler

Ce jour-là, Gisèle Pelicot se rend au commissariat de Carpentras, dans le Vaucluse, où elle est reçue par le sous-brigadier Perret. Elle pense alors qu'il s'agit d'une simple formalité liée aux aveux de son mari, Dominique Pelicot, qui avait reconnu avoir filmé sous les jupes de trois femmes dans un supermarché. « Un moment de stupeur et de dégoût » qu'elle avait pourtant accepté de lui pardonner à condition qu'il consulte un psychologue.

Mais Gisèle Pelicot ignore encore tout de l'enquête policière en cours depuis septembre, ni l'analyse approfondie du matériel informatique de son époux. Elle ne sait pas qu'elle a été violée à des dizaines de reprises à son domicile par des inconnus invités par son mari, ce dernier filmant méthodiquement chaque agression.

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« Je vais vous montrer des photos et des vidéos qui ne vont pas vous plaire »

Après des questions administratives de routine, l'interrogatoire prend une tournure inquiétante. Le sous-brigadier s'enquiert de ses habitudes de sommeil, de ses siestes, de ses horaires de coucher. Puis vient la phrase qui annonce le drame : « Je vais vous montrer des photos et des vidéos qui ne vont pas vous plaire ».

Gisèle Pelicot se souvient avoir perçu dans la voix du gendarme « plus que de l'embarras, un curieux mélange de danger et de protection ». Dans une autre pièce du commissariat, Dominique Pelicot venait justement d'être placé en garde à vue pour viols aggravés et administration de substances nuisibles.

La confrontation avec l'indicible

Les premières photos lui sont présentées : une femme en porte-jarretelles, un homme noir allongé derrière elle. « C'est vous sur cette photo », lui annonce le gendarme. Incrédule, Gisèle Pelicot sort ses lunettes, examine une deuxième photo montrant la même femme sur le dos avec un homme tatoué à ses côtés.

« Je ne reconnaissais pas les individus. Ni cette femme. Elle avait la joue si flasque. La bouche si molle. C'était une poupée de chiffon », se remémore-t-elle, refusant toujours d'admettre sa propre présence sur ces clichés.

Le chiffre qui fait tout basculer

Le coup de grâce arrive lorsque le policier lâche un nombre : cinquante-trois hommes seraient venus chez eux pour la violer. « J'ai réclamé de l'eau. Ma bouche était paralysée », écrit Gisèle Pelicot, ajoutant que « (s)on cerveau s'est arrêté dans le bureau du sous-brigadier Perret ».

L'après-découverte et le procès historique

En décembre 2024, Dominique Pelicot a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour son rôle central dans cette affaire sordide. Les 50 autres hommes jugés dans ce procès historique ont tous été reconnus coupables de viols, tentatives de viols ou agressions sexuelles, écopant de peines allant de trois à quinze ans de prison.

Le livre de Gisèle Pelicot s'annonce comme l'un des témoignages les plus attendus de l'année 2026, offrant un éclairage intime sur le parcours d'une femme confrontée à la trahison ultime et à la violence la plus extrême, avant de trouver la force de témoigner et de reconstruire sa vie.

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