Gironde 1987 : une surtension électrique provoque un incendie et prive 30 000 foyers de courant
Gironde 1987 : surtension électrique, incendie et 30 000 foyers privés de courant

Gironde 1987 : une nuit de terreur électrique

Dans la nuit du 23 au 24 mars 1987, une terrible déflagration accompagnée d'une vive lueur a retenti à Cadaujac en Gironde, marquant le début d'un sinistre électrique d'une ampleur exceptionnelle. Cette surtension du réseau, alimenté ordinairement en 15 000 volts, a provoqué des dégâts considérables, dont l'incendie d'une maison et des perturbations massives pour des milliers de foyers.

Un incendie évité de justesse

Mme Marie Delattre, encore sous le choc le lendemain matin, a décrit avec émotion les événements. « D'habitude, nous sommes couchés à cette heure-là mais, lundi soir, nous recevions un ami. Heureusement, car nous nous sommes aperçus assez rapidement du feu », a-t-elle confié. Vers 22 h 45, toutes les lumières se sont éteintes brusquement, suivies par l'apparition d'une boule de feu dans le lustre. Son mari a rapidement aperçu des flammes dans les combles, près des chambres.

« Tout s'est embrasé très vite », a raconté M. Delattre. Le compteur électrique a littéralement explosé, déclenchant un incendie qui a ravagé le premier étage de leur maison. Sans l'intervention rapide des sapeurs-pompiers de Villenave-d'Ornon et le fait qu'aucun membre de la famille ne dormait, les conséquences auraient pu être dramatiques.

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Des milliers de foyers touchés par la panne

Les Delattre n'ont pas été les seules victimes de cet incident électrique. De Cadaujac à Bazas, en passant par Langon, Léognan, Podensac, Sainte-Croix-du-Mont et Cadillac, tous les habitants des communes bordant la route nationale 113 ont été affectés. Près de 30 000 personnes ont été privées de courant de 22 h 45 à 0 h 30. Pour certains, la panne a duré jusqu'à 3 heures, le temps que les équipes d'EDF rétablissent totalement l'électricité.

Les habitants du lotissement Broustey-Conilh, où résidaient les Delattre, ont subi les dégâts les plus importants. M. Molot, un voisin proche, a témoigné : « C'était comme un flash très bruyant. On y voyait comme en plein jour. Plusieurs lampes ont éclaté. Des prises ont fondu ». Presque tous les appareils sous tension au moment de la panne ont été endommagés, incluant téléviseurs, postes radio et cafetières.

Enquête et indemnisation

Dès le lendemain, les responsables d'Électricité de France, dont M. Besset, responsable du réseau haute tension, se sont rendus sur place pour comprendre l'origine du sinistre. Tous les témoignages concordaient sur une forte déflagration accompagnée d'une lueur vive. EDF a confirmé que la surtension était bien à l'origine de l'incendie, tout en lançant une enquête pour déterminer les causes précises du survoltage.

Un tel phénomène, généralement lié à des contacts entre réseaux ou à des conditions météorologiques exceptionnelles comme des tempêtes ou des orages, reste rare. EDF s'est engagé à indemniser les particuliers affectés, tandis que le bilan des dégâts matériels s'est avéré très lourd. Cette nuit de mars 1987 reste gravée dans la mémoire collective de la Gironde comme un exemple frappant des risques liés aux infrastructures électriques.

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