Les gendarmes du Gard confrontés à la violence en service
En 2025, les gendarmes du Gard ont été confrontés à une cinquantaine d'accidents ou d'agressions dans l'exercice de leurs fonctions. À l'échelle nationale, ce chiffre atteint environ 108 000 incidents. Face à cette réalité, le groupement de gendarmerie du Gard a mis en place une organisation complète pour prendre en charge les aspects médicaux, administratifs et sociaux des militaires blessés.
Des témoignages poignants sur des agressions violentes
Trois gendarmes du Gard ont accepté de témoigner avec pudeur mais franchise sur les violences subies lors de leurs missions. Si une partie des blessures relève d'accidents, une proportion significative des 51 blessés en 2025 est liée à des agressions volontaires.
Un gendarme du Psig de Saint-Hippolyte-du-Fort raconte : "J'étais en train d'attacher mon casque quand on m'a jeté au visage une grosse pierre, ça a projeté ma tête en arrière et m'a fait un coup du lapin". Cette intervention lors d'une rave party illégale à Flaux s'est transformée en confrontation extrêmement violente, avec huit blessés parmi les forces de l'ordre.
Un protocole d'accompagnement immédiat et complet
Dès qu'un incident survient, un protocole rigoureux se met en place. Le colonel Emmanuel Casso, commandant du groupement de gendarmerie du Gard, explique : "Ce sont des personnels qui doivent sentir qu'ils sont accompagnés".
Le processus comprend plusieurs étapes essentielles :
- Évaluation immédiate des lésions physiques
- Vérification administrative que l'incident s'est produit dans l'exercice des fonctions
- Coordination par l'équipe des ressources humaines basée à Nîmes
- Passage par l'unité médico-judiciaire du CHU de Nîmes
- Consultation avec la médecine militaire
La prise en charge des blessures psychologiques
Le docteur Mounir Benslima, qui dirige l'unité de médecine légale du CHU de Nîmes, souligne l'importance des aspects psychologiques : "Il ne faut pas oublier qu'il y a des lésions physiques, bien sûr, mais également des lésions psychologiques. Les gendarmes, par la nature même de leur activité, sont confrontés à la mort et souvent des morts violentes".
Pour répondre à ces besoins, une psychologue clinicienne intervient dans toutes les unités du groupement du Gard, soit à la demande du gendarme, soit sur initiative du responsable d'unité.
Une cellule dédiée aux blessés en préparation
Le colonel Casso annonce la création prochaine d'une cellule spécialement dédiée à l'aide aux blessés. Basée au siège de la région de gendarmerie à Toulouse, cette structure servira de point d'appui aux groupements pour améliorer la prise en charge administrative, sociale et financière des militaires en difficulté.
Des aides concrètes pour la reconstruction
La gendarmerie dispose de plusieurs dispositifs d'aide :
- Séjours de reconstruction dans des centres spécialisés avec accompagnement sportif, psychologique et de loisirs
- Soutien financier pour les situations difficiles
- Accompagnement des familles confrontées au décès d'un gendarme
Un concert de bienfaisance pour soutenir les blessés
Pour financer ces aides, un gala de bienfaisance est organisé le 4 avril à Nîmes au palais des congrès. L'orchestre d'harmonie de la Garde républicaine donnera un concert exceptionnel au profit exclusif des blessés de la gendarmerie. "Les blessés du Gard seront naturellement conviés à ce concert, c'est une façon aussi de leur rendre hommage", insiste le colonel Casso.
Cette initiative souligne l'importance du soutien collectif aux forces de l'ordre qui risquent leur intégrité physique et psychologique dans l'exercice de leurs missions de protection des citoyens.



