Une semaine après l'incendie qui a parcouru près de 540 hectares entre Lédenon, Cabrières et Bezouce, les communes sinistrées entament leur reconstruction. Le feu, survenu le 5 juillet, a détruit principalement des pins, des chênes et des olivettes, transformant radicalement le paysage de la garrigue. Des fumerolles observées ce samedi 11 juillet ont rapidement été maîtrisées, mais la vigilance reste de mise.
Un bilan humain et matériel lourd
Gilles Gadille, maire de Cabrières, décrit une situation désolante : « L’ensemble des dégâts est d’une désolation pas possible. » Sa commune a perdu deux mazets dans l’incendie. Une famille, encore sous le choc, a été orientée vers un psychologue, et des solutions de relogement sont recherchées. Le maire envisage une aide financière via le CCAS.
À Bezouce, le maire Richard Arnaud estime entre 160 et 180 hectares de garrigue brûlés. Deux maisons ont été totalement détruites, obligeant leurs occupants à se loger ailleurs. « On réfléchit, avec leurs assurances, à des possibilités de relogement », précise-t-il. Des rubalises ont été installées à l’endroit présumé du départ du feu, et l’enquête se poursuit.
Christophe Zaragoza, maire de Lédenon, évalue entre 140 et 200 hectares de garrigue brûlés sur sa commune. Un hangar agricole a été détruit, mais la maison attenante a été épargnée grâce au débroussaillement réalisé par le propriétaire. Selon les élus, l’obligation légale de débroussaillement (OLD) a été globalement bien respectée, ce qui a limité le nombre d’habitations sinistrées.
Reboisement et retour de la nature
Une réunion doit avoir lieu avec l’Office national des forêts (ONF) pour définir la stratégie de reboisement. Richard Arnaud explique : « On va sûrement couper les pins, par sécurité, car il y a des risques de chute. Et on les revalorisera. » Malgré l’ampleur du sinistre, il se dit optimiste : « Ce matin (lundi 13 juillet), j’ai vu un lièvre passer, c’est positif. La nature reprend ses droits. Avec les premières pluies, ça va redémarrer tout seul. » Il cite l’exemple de l’incendie de Poulx en 2004, où la nature a repris ses droits et où une chèvrerie s’est installée.
Vigilance et solidarité
Les sapeurs-pompiers ont totalement fixé le feu, mais la vigilance reste de mise. Des rondes informelles de chasseurs et d’habitants sont organisées presque chaque jour. Le maire de Lédenon signale que deux petites reprises de feu ont été repérées samedi, rapidement maîtrisées. La municipalité a mis à disposition un camion équipé d’une cuve d’un mètre cube pour permettre aux employés communaux d’intervenir rapidement, même s’ils ne sont pas pompiers.
Les élus prévoient de renforcer la sensibilisation au débroussaillement en septembre. Christophe Zaragoza souligne : « Cet incendie a bien prouvé que le fait de débroussailler peut être crucial. »



