La cavale de « Ganito » s'achève dans les Pyrénées-Orientales
Après deux semaines de fuite, Ilyas Kherbouch, surnommé « Ganito », a finalement été interpellé dans les Pyrénées-Orientales. Son arrestation est survenue le jour même de son anniversaire, mettant fin à une cavale débutée le 7 mars dernier suite à son évasion spectaculaire de la maison d'arrêt de Villepinte. Les forces de l'ordre ont mené cette opération avec succès, sans incident notable.
Une évasion audacieuse orchestrée par de faux policiers
Le 7 mars en plein après-midi, trois individus se sont présentés à la prison de Villepinte, en Seine-Saint-Denis. Deux d'entre eux se sont fait passer pour des policiers venus chercher le détenu pour une extraction en garde à vue. Grâce à cette ruse, Ilyas Kherbouch a pu quitter l'établissement pénitentiaire en toute tranquillité, sans que la moindre violence ne soit constatée.
Étonnamment, le personnel pénitentiaire ne s'est inquiété de son absence que quarante-huit heures plus tard, soit la durée maximale d'une garde à vue. Cette découverte tardive a déclenché une vaste enquête et la mise en place d'un important dispositif de recherche.
L'arrestation et le profil du fugitif
Né le 20 mars 2005, Ilyas Kherbouch a été arrêté à Canet-en-Roussillon par les effectifs combinés de la BRI des Pyrénées-Orientales et de l'Hérault, avec le concours précieux de la Brigade nationale de recherche des fugitifs (BNRF). Le parquet de Paris a confirmé officiellement cette arrestation, saluée par le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez qui s'est félicité du travail des forces de l'ordre.
Connu de la justice pour de multiples faits de vols aggravés, « Ganito » purgeait quatre peines et était placé en détention provisoire dans deux autres affaires au retentissement médiatique. Il avait notamment été mis en examen en novembre 2025, soupçonné d'avoir commandité le cambriolage violent au domicile du gardien du PSG Gianluigi Donnarumma. Il est également accusé d'avoir menacé une personne mise en cause dans ce dossier, qui s'est ensuite suicidée en prison.
Les complicités et l'enquête judiciaire
L'évasion a conduit à l'ouverture d'une information judiciaire à Paris. Deux hommes, dont un mineur, ont été mis en examen le 11 mars. Le majeur, né en 1998 et résidant à Toulon, est soupçonné de s'être fait passer pour un policier. Il a été mis en examen pour évasion en bande organisée, association de malfaiteurs, corruption active et faux et usage de faux en écriture publique.
Ces premières interpellations sont survenues fortuitement, avant même que l'administration pénitentiaire ne se rende compte de la disparition du détenu. Le 8 mars, des équipes de la BAC ont contrôlé un véhicule et découvert un sac contenant un gyrophare, des brassards de police, des menottes, une perruque blonde et deux fausses cartes de police. Les enquêteurs soupçonnent fortement que ce matériel a été utilisé par les complices d'Ilyas Kherbouch pour tromper la vigilance des surveillants de Villepinte.
Le portrait d'un jeune homme marqué par la détention
Son avocate, May Sarah Vogelhut, a réagi à cette arrestation en déclarant : « Je ne cherche en aucun cas à excuser ce qu'il a fait [...] mais la France a besoin de comprendre qu'il n'a jamais connu la liberté adolescent et qu'il n'était pas sûr de la connaître adulte ». Depuis l'âge de quatorze ans, le jeune homme n'aurait passé qu'un mois et demi en liberté.
Son entourage le décrit comme un individu d'une « grande impulsivité » doté d'un ego important. « Avec cette évasion, il a voulu marquer l'histoire, entrer dans la légende », avance un proche. Cette tentative d'évasion spectaculaire, bien que de courte durée, aura marqué les esprits et soulevé des questions sur les procédures de sécurité dans les établissements pénitentiaires.



