Fusillade des Moulins à Nice : un quatrième suspect écroué
Fusillade des Moulins : un quatrième suspect écroué

Près de trois semaines après la fusillade qui a ensanglanté le quartier des Moulins à Nice, le 11 mai, faisant deux morts et six blessés, l'enquête pilotée par la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille continue de progresser. Une nouvelle personne a été présentée à un magistrat instructeur, a confirmé ce 1er juin le parquet de Marseille à Nice-Matin. Selon le cabinet du procureur de la République de Marseille, « une personne a été présentée à un magistrat instructeur le vendredi 29 mai. Elle a été placée en détention provisoire ». Cette quatrième mise en examen intervient dans un dossier déjà marqué par plusieurs interpellations.

Une attaque d'une violence exceptionnelle

Les faits sont terribles. Et d'une violence aveugle. Le 11 mai, vers 15 h 20, un homme circulant en trottinette électrique avait ouvert le feu à plusieurs reprises sur la devanture d'un commerce de la place des Amaryllis, au cœur du quartier des Moulins, à proximité d'un point de deal connu. Deux hommes âgés de 38 et 57 ans avaient été tués, Adisson et Ahmed. Six autres personnes avaient été blessées, dont plusieurs grièvement. Les deux victimes décédées étaient considérées comme étrangères aux trafics de stupéfiants. Après les tirs, le tireur avait rejoint un véhicule de fuite, retrouvé incendié une heure après l'attaque, à Roquefort-les-Pins. Les enquêteurs avaient relevé dix-neuf douilles de calibre 7,62 sur les lieux.

Premières arrestations dès la semaine suivant les faits

L'enquête remarquable - saluée par le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez - menée par les policiers de la PJ de Nice avec la JIRS de Marseille a rapidement conduit à une première série d'interpellations. « Plus d'une cinquantaine d'enquêteurs ont été mobilisés et ont travaillé d'arrache-pied pendant plusieurs jours », avait souligné le commissaire divisionnaire Eric Antonetti, chef du SIPJ 06. Enquêteurs, techniciens, équipes de terrain, BRI, appui de la PJ de Marseille : tous les moyens d'enquête ont été mis en œuvre.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Le 19 mai, le procureur de Marseille Nicolas Bessone confirmait les informations de Nice-Matin, et annonçait la mise en examen et le placement en détention provisoire de trois personnes : le tireur présumé, âgé de 30 ans, un homme soupçonné d'avoir participé à la logistique des déplacements et une femme de 26 ans présentée comme ayant mis à disposition des appartements utilisés par l'équipe criminelle. Le tireur présumé, âgé de 30 ans, compte déjà sept condamnations au compteur. Il serait arrivé quelques jours plus tôt de région parisienne à Marseille.

Le contexte est celui d'une escalade « entre deux équipes de narcotrafiquants » de l'ouest et de l'est de Nice, avait précisé le commissaire Eric Antonetti, chef du service interdépartemental de la police judiciaire des Alpes-Maritimes. Les investigations avaient également révélé qu'une nouvelle opération criminelle était en préparation dans les jours ayant suivi la fusillade. Le travail intense des enquêteurs a permis d'éviter un nouveau passage à l'acte.

Une guerre de territoires sur fond de narcotrafic

Pour les magistrats marseillais, cette affaire s'inscrit dans un contexte de lutte entre équipes rivales du narcobanditisme niçois. La JIRS de Marseille a d'ailleurs élargi les investigations à plusieurs autres faits violents survenus quelques jours avant la fusillade, notamment des tirs et une explosion visant un commerce du même quartier.

Une enquête toujours en cours

Les enquêteurs cherchent désormais à établir précisément la chaîne de commandement et de logistique ayant conduit à l'organisation de cette attaque. L'enquête judiciaire se poursuit sous l'autorité des juges d'instruction de la JIRS de Marseille. Pour mieux structurer cette guerre tous azimuts, le procureur de Nice avait annoncé le 19 mai « la mise en place, avant l'été, d'un groupe d'échange trimestriel associant nos deux parquets et les services d'enquête ».

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale