Un foyer éducatif d'Avignon fermé pour six mois suite à des conditions jugées inadmissibles
La préfecture de Vaucluse a pris la décision radicale de fermer pour une durée de six mois un foyer éducatif situé à Avignon, après la découverte de conditions de vie qualifiées d'inadmissibles par les autorités. L'établissement concerné, l'internat du Regain, était géré par l'association Coallia et accueillait douze jeunes âgés de 11 à 21 ans, tous placés en raison de difficultés familiales importantes.
Des dysfonctionnements graves portant atteinte à la sécurité des jeunes
Les problèmes au sein de ce foyer éducatif remontent à l'année 2024, avec une dégradation progressive des locaux et un manque d'hygiène flagrant. Malgré plusieurs mises en demeure de la Direction de la protection judiciaire de la jeunesse et du département, les manquements se sont répétés et aggravés au fil du temps.
La situation a atteint un point critique fin 2025 lorsque le département a saisi le procureur de la République après le signalement d'une mineure qui affirmait être maltraitée par une éducatrice. Cette plainte a déclenché une série d'investigations qui ont abouti à une visite inopinée des autorités début avril.
La découverte de conditions choquantes lors de la visite inopinée
C'est lors de cette inspection surprise que les enquêteurs ont découvert des conditions de vie particulièrement préoccupantes :
- Circulation libre d'alcool et de drogue au sein de l'établissement
- Des mineurs contraints de partager le même lit
- Des conditions d'hygiène déplorables
- Des locaux dégradés et insalubres
Les autorités ont immédiatement évoqué des dysfonctionnements graves portant atteinte à la sécurité physique et psychique des jeunes résidents. Face à l'ampleur des constatations, la décision de fermeture administrative pour six mois a été prise sans délai.
Coallia conteste fermement les accusations
Contactée par l'Agence France-Presse, l'association Coallia, qui gère 760 établissements dans 44 départements français, a vivement contesté les faits qui lui sont reprochés. Le service de presse du groupe a qualifié les accusations d'imprécises et à charge, dénonçant par ailleurs l'absence de dialogue contradictoire dans la procédure.
« Un exemple emblématique : l'eau a toujours été potable dans nos établissements. Dans tous les cas, nous réfutons catégoriquement le fait que les personnes accompagnées étaient en situation de risque », a précisé le porte-parole de Coallia. L'association promet de fournir des réponses détaillées et argumentées pour défendre sa gestion.
Conséquences immédiates pour les jeunes résidents
Les douze jeunes qui étaient hébergés dans ce foyer éducatif ont dû être réorientés en urgence vers d'autres établissements d'accueil. Cette situation vient s'ajouter aux difficultés familiales qu'ils traversaient déjà, créant une instabilité supplémentaire dans leur parcours de vie.
Cette affaire soulève des questions plus larges sur le contrôle des établissements accueillant des mineurs en difficulté et sur les mécanismes de protection de l'enfance en France. La fermeture administrative pour six mois constitue une mesure exceptionnelle qui témoigne de la gravité des dysfonctionnements constatés par les autorités compétentes.



