« C'est horrible pour les parents », « un drame qui aurait peut-être pu être évité » : les habitants de Fleurance réagissent après la découverte d'un corps étant probablement celui de Lyhanna. Sous le coup de l'émotion, Natacha Berthonneau a du mal à trouver ses mots après l'annonce de la découverte d'un corps identifié comme étant probablement celui de Lyhanna, collégienne de 11 ans disparue depuis le 29 mai.
Une commune sous le choc
Fleurance, une commune où « tout le monde se connaît ». « Je suis toute retournée, ça fait plusieurs jours que je ne dors pas », dit cette femme de 57 ans, habitante de Fleurance. Timéo Barbeaux, 18 ans, est lui aussi « triste et choqué » ; le jeune boulanger avait participé à une battue samedi aux côtés d’autres habitants, raconte-t-il à l’AFP.
Un corps « porteur de vêtements similaires » à ceux de Lyhanna, selon le parquet d’Agen, a été retrouvé jeudi en début d’après-midi par les gendarmes dans un silo d’une exploitation agricole, près du village de Puycasquier, mais une autopsie devra le confirmer.
Colère et incompréhension
La gendarmerie bloquait la route à la sortie de Puycasquier jeudi en fin d’après-midi, ainsi que d’autres routes adjacentes serpentant entre les champs et menant à Fleurance. Stéphane, 65 ans (il n’a pas souhaité donner son nom de famille), craignait le pire pour Lyhanna ; « c’est horrible pour les parents, c’est à eux que je pense ». « Je pense aussi que si la justice avait mieux fait son boulot, c’est un drame qui aurait peut-être pu être évité », ajoute-t-il, très ému.
À Fleurance, bourgade de 6 000 habitants, le calme des rues en cette fin de journée pluvieuse peine à masquer la colère qui gronde. Le principal suspect, un homme de 41 ans placé en détention provisoire, est visé par plusieurs autres plaintes. Depuis le début de la semaine, des révélations sur ses antécédents ont tracé un profil inquiétant, avec plusieurs signalements ou plaintes, notamment pour viol sur mineure. « Il y a longtemps que cet homme aurait dû avoir des problèmes », déplore Françoise Tison, retraitée de 63 ans, elle aussi en colère et qui espère que le suspect sera « puni ».
Cette habitante redoutait de ne pas revoir Lyhanna « vivante après six jours » : « un enfant c’est innocent, on ne doit pas toucher à un enfant », dit-elle, au bord des larmes.
« La rage »
À la terrasse du Café du centre, Romain, 34 ans, et Audrey, 28 ans, habitants de la ville voisine d’Agen (ils n’ont pas souhaité donner leurs noms de famille), sont eux aussi « en colère et dans l’incompréhension ». Derrière eux, l’avis de disparition de Lyhanna est encore placardé à la porte du café. « Quand on entend tout le parcours » du suspect, « ça donne la rage », dit Romain, devant sa bière.
Audrey regrette aussi une « récupération » du drame par les politiques. Romain trouve lui « dégueulasse » de voir « les politiques qui renvoient la balle sur les magistrats, les magistrats qui renvoient la balle sur les gendarmes », et dénonce le manque de moyens de la justice. Jeunes parents, ils ont peur pour leurs enfants, ne pensant pas que « ça arriverait ici, à 50 km d’Agen, dans un petit village, une petite ville comme ça avec une personne que la petite fille connaissait, que les parents connaissaient », s’émeut Audrey.



