Le centre d'arts martiaux de la Yoseikan Academy, situé au 16 avenue Colbert à Toulon, a été fermé administrativement en mars dernier par la préfecture du Var en raison de graves manquements à la sécurité incendie. Trois mois plus tard, les travaux nécessaires à sa réouverture, estimés à 100 000 euros minimum, n'ont toujours pas débuté, laissant le bâtiment désert et les clubs qui y étaient hébergés dans l'incertitude.
Des manquements à la sécurité à l'origine de la fermeture
La décision préfectorale a été motivée par plusieurs infractions relevées dans l'immeuble ancien : absence d'alarme incendie, défaut de vérification technique des installations électriques, absence d'information sur la sécurité globale de l'établissement, ainsi que l'absence de défibrillateur et de trousse de secours. Ces carences ont conduit à une fermeture provisoire du site, qui abritait plusieurs clubs de sports et de danse répartis sur six étages et une terrasse.
Un propriétaire contraint par le coût des travaux
Gérard Olivier, propriétaire de l'immeuble et gérant du club de la Yoseikan Academy, a fait estimer les travaux de mise aux normes par un professionnel. « Au minimum, c'est 100 000 euros de travaux », déclare-t-il. « Je ne peux pas engager l'argent pour l'instant. » Il précise avoir conseillé à ses élèves de pratiquer ailleurs en attendant. Malgré la rénovation récente de la façade, les parties communes ont vieilli et nécessitent des interventions lourdes, notamment sur le système électrique, le désenfumage et les escaliers de sécurité.
Des clubs sinistrés par la fermeture
Au deuxième étage, une école de danse accueille encore ses élèves, mais au troisième, le studio Terpsichore a dû déménager. Émilie Presse, professeure de danse, évalue son préjudice à 50 000 euros : « J'ai perdu une trentaine d'élèves et je me suis endettée pour poursuivre mon activité. » Elle a engagé une procédure amiable, étant contrainte de payer à la fois son ancien loyer et celui de nouveaux locaux. « Je refuse d'accueillir mes élèves dans les conditions d'alors. Tant que les travaux ne sont pas effectués, impossible de réintégrer notre salle », insiste-t-elle.
Des travaux prioritaires espérés cet été
Gérard Olivier espère engager les premiers travaux cet été, avec une priorité sur l'installation d'une alarme incendie générale dans tout l'immeuble. « Pour prévenir tout départ de feu éventuel », promet-il. Le reste des travaux suivra, mais sans calendrier précis. En attendant, l'avenue Colbert, pourtant artère réputée des cabinets d'avocats, voit son bâtiment du numéro 16 vide, symbole d'une situation qui pénalise sportifs et artistes.



