Une affaire sordide à Béziers : une famille condamnée pour le vol d'une nonagénaire
Ce jeudi 5 mars, le tribunal de Béziers a rendu un verdict sévère dans une affaire qui a ému la région. Une jeune femme de 23 ans et ses parents, originaires de Perpignan, ont été lourdement condamnés pour avoir dérobé 450 euros à une dame âgée de 91 ans. Les faits remontent au 26 février dernier, survenant dans des circonstances particulièrement prémeditées.
Un stratagème bien rodé dans un supermarché
Tout a commencé à l'Intermarché Rabelais de Béziers, où la victime nonagénaire effectuait ses courses. Selon les images de vidéoprotection, deux femmes ont observé attentivement la dame au moment où elle composait son code confidentiel de carte bancaire à la caisse. L'une d'entre elles portait une perruque blonde et un masque chirurgical, détail qui n'a pas échappé aux enquêteurs.
Les deux individus ont ensuite suivi la victime jusqu'au parking du supermarché, où elles ont été récupérées par un homme en voiture. La dame de 91 ans ne s'est rendu compte du vol que le lendemain, lorsqu'elle a reçu un message de sa banque signalant un retrait suspect de 450 euros effectué la veille.
Des aveux sous la pression du tribunal
Lors de l'audience qui a duré près de trois heures, les trois prévenus ont tenté de se justifier devant la cour. Le père s'est déclaré complètement innocent, tandis que la mère a d'abord nié en bloc les faits qui lui étaient reprochés.
C'est sous la pression de la présidente du tribunal que la mère, une Serbe de 42 ans sans emploi et bénéficiaire du RSA, a finalement avoué : "Parce qu'on voulait lui prendre sa carte bancaire". Cette confession a ouvert la voie aux explications de sa fille de 23 ans, déscolarisée avant le collège et également sans emploi.
La jeune femme a raconté à la barre : "J'ai volé la carte bancaire dans son sac, pendant que ma mère détournait l'attention de la dame. J'ai ensuite appelé mon père pour qu'il vienne nous chercher, mais il était au courant de rien. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris, je suis en dépression parce que mon mari m'a quitté".
La réaction indignée du parquet
Ces justifications n'ont pas convaincu le représentant du parquet, qui s'est montré particulièrement sévère dans ses réquisitions. "On n'a pas fait tout ça à une personne de 25 ans, on la repère grâce à ses cheveux blancs… On choisit une vieille dame et on essaye de la dépouiller, c'est ignoble !", a-t-il dénoncé avec véhémence.
Il a poursuivi : "Des gens fatigués et en dépression, il y en a plein la salle, mais ils ne s'en prennent pas à des vieilles dames !". Le procureur a alors demandé des peines particulièrement lourdes : quatre ans de prison pour la mère avec interdiction du territoire français, trois ans pour le père, et 12 à 18 mois pour la fille, avec maintien en détention pour les trois prévenus.
La défense tente d'atténuer les peines
Les avocats de la défense ont tenté de plaider la clémence. Me Sylvain Fournier, représentant la jeune femme, s'est dit "stupéfait" par les réquisitions : "On ne va pas lui donner 12 à 18 mois de prison pour un vol de 450 euros".
L'avocate de la mère, Me Héloïse Dujardin, a souligné que sa cliente avait "fait un pas vers le tribunal et la victime en avouant les faits". Elle a également mentionné la situation familiale difficile : "Elle a besoin d'être auprès de ses enfants, dont l'une est gravement malade".
Pour le père, Me Solène Mangin a demandé la relaxe, arguant qu'"on a aucune preuve d'où a été effectué ce retrait, pas d'image de ce dernier et vous n'avez rien dans le dossier contre mon client".
Le verdict final du tribunal
Le tribunal n'a pas suivi les arguments de la défense. La présidente a expliqué sa décision en ces termes : "Ce n'est pas le préjudice qui donne la gravité des faits mais le mode opératoire et l'âge de la victime".
Le verdict est tombé :
- La mère a été condamnée à trois ans de prison
- Le père écope de deux ans de prison
- La fille a été condamnée à un an avec sursis pendant cinq ans
Les trois prévenus ont été interpellés à Perpignan, ville où ils résidaient au domicile de l'aîné d'une famille de sept enfants. L'affaire illustre la vulnérabilité des personnes âgées face à des prédateurs sans scrupules, et la sévérité de la justice face à ce type d'agissements particulièrement lâches.



