Explosion mortelle dans une usine Seveso à Bischwiller : un mort et deux blessés
Une violente explosion a secoué la commune de Bischwiller, dans le Bas-Rhin, ce jeudi 5 mars 2026, sur le site industriel classé Seveso de l'entreprise Chemet Gli. Le bilan humain est lourd avec un décès et deux personnes blessées, dont l'une se trouve en état d'urgence vitale. Les autorités judiciaires ont immédiatement réagi en ouvrant une enquête pour homicide involontaire afin de déterminer les causes précises de cette tragédie industrielle.
Une déflagration aux conséquences dramatiques
L'explosion s'est produite en milieu d'après-midi sur le site de Chemet Gli, un fabricant de bouteilles de gaz liquéfié qui emploie près de 200 salariés dans la région. Selon les informations de France 3 Grand Est, la déflagration a été d'une telle puissance qu'elle a provoqué la mort immédiate d'une personne et gravement blessé deux autres travailleurs. Les secours ont été immédiatement alertés et une quarantaine de sapeurs-pompiers sont intervenus sur les lieux jusqu'en soirée pour sécuriser la zone et porter assistance aux victimes.
Des témoins présents à proximité du site ont décrit une scène particulièrement impressionnante, avec "une grosse fumée noire" s'élevant dans le ciel et "une forte odeur de gaz" persistante qui s'échappait des bâtiments endommagés. Les autorités locales ont dû mettre en place un périmètre de sécurité autour de l'usine, qui n'a été levé qu'aux alentours de 19 heures, une fois que les risques immédiats ont été écartés.
Une usine classée Seveso "seuil bas"
L'établissement Chemet Gli est répertorié comme site Seveso "seuil bas", une classification qui indique que l'entreprise manipule des substances dangereuses mais est soumise à des contraintes réglementaires moins strictes que les sites à risques dits "seuils hauts". Cette distinction réglementaire pourrait faire l'objet d'un examen approfondi dans le cadre de l'enquête judiciaire en cours, notamment concernant les mesures de sécurité en place au moment de l'accident.
Ce vendredi matin, l'activité de l'usine restait totalement à l'arrêt, alors que la police municipale procédait à la pose de scellés sur les installations. La direction de Chemet Gli s'est réunie en cellule de crise mais n'a pas souhaité communiquer publiquement sur l'événement, préférant attendre les premiers résultats de l'enquête.
Réactions des autorités et enquête judiciaire
Le maire de Bischwiller, Jean-Louis Netzer, a confié être "sous le choc" après cet accident industriel d'une rare violence. L'élu a tenu à exprimer "sa compassion" aux familles touchées par ce sinistre et a assuré que toute la lumière serait faite sur les circonstances exactes de cette tragédie.
Le parquet de Strasbourg a officiellement ouvert une enquête pour homicide involontaire, confiée à des enquêteurs spécialisés. Cette procédure judiciaire vise à déterminer les causes exactes de l'explosion et à établir d'éventuelles responsabilités pénales dans ce drame. Les investigations porteront notamment sur :
- Les conditions de sécurité sur le site au moment des faits
- Le respect des normes réglementaires applicables aux sites Seveso
- Les éventuels manquements dans la maintenance des installations
- Les procédures d'urgence et leur mise en œuvre effective
Cette explosion rappelle tragiquement la dangerosité potentielle des sites industriels manipulant des substances dangereuses, même lorsqu'ils sont classés en "seuil bas" selon la réglementation Seveso. L'enquête judiciaire permettra de déterminer si des négligences ou des défaillances techniques sont à l'origine de cette catastrophe qui a coûté la vie à un travailleur et mis en danger plusieurs autres employés.



