Ils n’étaient payés que quelques euros de l’heure. L’entreprise en charge de la construction du nouveau bâtiment consulaire des États-Unis à Milan a été placée sous administration judiciaire en Italie pour avoir exploité des ouvriers indiens, selon une décision consultée vendredi par l’AFP.
Des conditions de travail indignes
Sur ce chantier à 200 millions de dollars, le constructeur américain Caddell et ses contremaîtres turcs faisaient notamment travailler 35 ouvriers recrutés en Inde pour moins de 5 euros de l’heure, avant des retenues pour le gîte et le couvert, selon l’enquête des carabiniers italiens.
« D’après les témoignages des ouvriers, il ressort de manière assez simple et linéaire, dans toute sa gravité, un mécanisme criminel récurrent », indiquent les procureurs de Milan dans ce « décret urgent de contrôle judiciaire » validé mercredi. L’ambassade américaine à Rome n’a pas répondu dans l’immédiat aux sollicitations de l’AFP.
Un salaire largement en dessous du seuil de pauvreté italien
Le salaire des ouvriers variait de 800 à 1.400 euros par mois pour environ soixante heures de travail hebdomadaire, de 6 heures à 18 heures, six jours par semaine. Mais là-dessus, l’employeur retenait encore 500 euros par mois pour le logement et entre 300 et 370 euros pour le déjeuner, selon le décret, résultant en un salaire qui arrivait à la moitié du seuil de pauvreté italien.
De plus, « la vie sur le chantier pouvait être qualifiée de dure et dépourvue de toute sensibilité humaine », selon les procureurs. Ils décrivent des journées « longues et exténuantes », et des chefs d’équipe à l'« attitude hostile ». L’administrateur judiciaire nommé par le parquet de Milan a pour mission de régler les impayés et de rétablir une situation de travail normale sur le chantier.



