L'ex-policier Cédric Prizzon arrêté au Portugal après cinq jours de cavale
Sa fuite n'a duré que cinq jours. Cédric Prizzon, 42 ans, était activement recherché par les gendarmes français qui le soupçonnaient d'être impliqué dans la disparition inquiétante de son ex-conjointe, Audrey Cavalié, 40 ans, et de leur fils Elio, âgé de 12 ans. Les enquêteurs suspectaient cet ancien policier, passionné de rugby et de véhicules 4x4, de les avoir enlevés avant de quitter le territoire national en compagnie de sa nouvelle compagne et de leur petite fille d'un an et demi. Leurs soupçons se sont révélés fondés.
Interpellation au Portugal avec un arsenal inquiétant
C'est précisément au Portugal, dans la petite ville de Mêda située à environ 200 kilomètres à l'est de Porto, que le quadragénaire a finalement été interpellé, comme l'a confirmé ce mercredi le procureur de la République de Montpellier, Thierry Lescouarc'h. Selon les informations du journal portugais Correio da Manhã, l'arrestation a eu lieu lors d'un contrôle routier sur l'autoroute EN102 mené par la Garde nationale républicaine. Les forces de l'ordre ont découvert dans le véhicule du suspect, qui présentait de faux papiers d'identité, un fusil à pompe, plusieurs fausses plaques d'immatriculation et la somme importante de 17.000 euros en espèces.
Un dénouement tragique pour les deux femmes
Les deux enfants, par chance, ont été retrouvés « sains et saufs » selon les déclarations du magistrat. Cependant, le dénouement de cette affaire s'avère bien plus dramatique concernant Angela, 26 ans, la nouvelle compagne de Cédric Prizzon, et Audrey Cavalié, son ex-conjointe. Une source proche de l'enquête a confié à l'Agence France-Presse que les corps des deux femmes ont été découverts sur le territoire portugais. Leur fils Elio aurait indiqué aux policiers portugais que son père les aurait tuées, selon les informations du Midi Libre. Le parquet de Montpellier n'a pas encore confirmé officiellement cette information cruciale.
Antécédents judiciaires et conflit familial prolongé
Les enquêteurs de la section de recherche avaient rapidement privilégié l'hypothèse d'une fuite depuis l'Aveyron vers le Portugal, un avis de recherche ayant été adressé aux autorités des pays limitrophes. Cette suspicion s'explique par les antécédents du suspect : en 2021, Cédric Prizzon avait déjà enlevé son fils Elio, avec lequel il était parti en camping-car en Espagne pendant environ deux mois. De retour en Aveyron, il avait été condamné pour « non-représentation d'enfant » et déchu de son droit de visite. Une situation qu'il avait vivement contestée, manifestant devant la mairie de Villefranche-de-Rouergue et entamant une grève de la faim devant le tribunal de Rodez.
Le conflit avec Audrey Cavalié remonte à 2020, lorsqu'une violente dispute s'était terminée dans le sang. Chacun accusait l'autre d'agression : il l'accusait de lui avoir asséné deux coups de couteau, elle lui reprochait d'avoir tenté de l'étrangler. L'affaire avait abouti à des condamnations pour les deux parties : six mois de prison avec sursis pour lui, huit mois avec sursis pour elle. Depuis lors, Cédric Prizzon multipliait les publications sur les réseaux sociaux visant son ex-conjointe, la qualifiant de « femme amnésique de coups de couteau protégée par la justice » ou encore de « criminelle amnésique ».
Une enquête complexe menée sur plusieurs fronts
Lorsque la disparition d'Audrey Cavalié, employée dans une société d'assurance, a été signalée vendredi matin, les soupçons se sont naturellement portés sur son ex-compagnon. « Tout se mène de front dans une enquête comme ça », explique le général Jean-Pierre Michel, ancien responsable de la sous-direction de la police judiciaire de la gendarmerie. « On travaille sur les victimes, sur l'auteur potentiel lorsqu'on a des suspicions. On cherche des éléments objectifs, c'est-à-dire des traces, on s'intéresse au lieu où la personne a pu être enlevée, à la téléphonie. »
Les enquêteurs constituent des « pools » pour se répartir les différentes pistes : certains se concentrent sur la victime, d'autres sur le suspect, déployant d'importants moyens pour retrouver sa trace. « On cherche sa voiture, et pour ça on regarde s'il a pu payer un péage avec sa carte bancaire. On peut aussi interroger les lecteurs automatisés de plaques d'immatriculation », détaille le général Michel. « S'il est parti avec son téléphone, il a borné sur des relais. On peut le suivre à la trace jusqu'à sa destination. »
Coopération européenne et prochaines étapes judiciaires
Pour l'instant, le parquet de Montpellier n'a pas encore précisé comment les policiers portugais avaient localisé le suspect. Une certitude cependant : les juges d'instruction français, saisis des investigations, devraient rapidement prendre contact avec leurs homologues portugais pour demander l'extradition de Cédric Prizzon. « La coopération européenne fonctionne très bien », observe le général Michel, pour qui cette procédure devrait être une simple formalité.
À son retour sur le territoire français, Cédric Prizzon devrait être présenté directement aux magistrats instructeurs afin d'être mis en examen. Les juges tenteront alors de comprendre les motivations qui l'auraient poussé à commettre cet enlèvement et ce double homicide présumé, dans le cadre d'une affaire familiale devenue tragiquement criminelle.



