Un Alésien de 35 ans, tout juste libéré de prison après avoir purgé une peine pour cambriolages, s'est retrouvé devant le tribunal correctionnel d'Alès ce jeudi 24 juillet pour une nouvelle série d'effractions commises entre le 9 et le 21 juillet. Hocine P., au casier judiciaire très chargé, a passé plus de la moitié de sa vie en détention.
Des intrusions dans plusieurs lieux de la ville
Selon les faits reprochés, l'homme s'est introduit dans l'enceinte du stade Pibarot, dans un bureau de la direction du Purple Campus (où une vitre a été forcée et ses empreintes digitales relevées), ainsi que dans une résidence pour seniors. Il serait passé par le balcon d'un retraité avant de déambuler dans les couloirs. Le butin était dérisoire : une enceinte Bluetooth au Purple Campus, une canette de soda à la résidence, et une serviette avec du savon au stade de football.
Un prévenu bavard et critique envers la société
Très bavard face aux magistrats, qu'il a interrompus à plusieurs reprises, Hocine P. a réfuté le vol de l'enceinte, affirmant être entré dans ces lieux en pensant qu'ils étaient publics, uniquement pour se laver, dormir et recharger son téléphone. Il a mis en avant sa situation difficile : « J'ai fait des erreurs de jeunesse. Je suis sorti de prison, et je n'ai même pas de carte d'identité. Comment je peux m'insérer et trouver du travail ? La société nous abandonne quand on est allé en prison. »
La présidente du tribunal, Élodie Thebaud, a rappelé son lourd casier judiciaire pour vols. Le procureur Abdelkrim Grini a souligné que « notre société dispose de très nombreuses associations capables de vous aider ». La magistrate a interrogé le prévenu : « Vous savez très bien que vous n'avez pas le droit d'entrer dans des lieux ou chez des gens comme ça. Vous n'aviez pas de la famille chez qui aller ? » Hocine P. a répondu ne plus parler à son fils et avoir un oncle qu'il ne voulait pas déranger.
Des propos qui irritent le tribunal
Lorsque la présidente a évoqué la peur causée aux retraités de la résidence, contraints désormais d'employer un vigile, Hocine P. a répliqué : « Au moins, ça crée de l'emploi. » Cette attitude a irrité le procureur, qui a requis deux ans de prison dont un an avec sursis probatoire, pour éviter « qu'on le retrouve encore une fois assis dans le box dans deux semaines ».
Une décision mesurée du tribunal
Le tribunal n'a pas suivi entièrement les réquisitions, préférant donner une ultime chance au prévenu : un an de prison dont six mois de sursis probatoire avec exécution provisoire. La défense, par Me Euria Thomasian, a demandé la relaxe pour le vol de l'enceinte, qui n'a pas été retrouvée lors des fouilles. Le trentenaire, laissé libre, devra effectuer 190 heures de travail d'intérêt général et respecter ses rendez-vous judiciaires. La présidente a averti : « Si vous manquez un seul rendez-vous, vous repartez en détention. Vous êtes Arsène Lupin, mais en pourri. On n'a pas voulu vous renvoyer en détention pour une serviette et une canette de soda et alourdir des prisons qui craquent. Vous avez une énorme épée de Damoclès au-dessus de la tête. »



