Affaire Dupont de Ligonnès : 15 ans après, l'énigme varoise reste entière
Dupont de Ligonnès : 15 ans après, le mystère varois persiste

Affaire Dupont de Ligonnès : quinze ans d'impasse dans le Var

Depuis maintenant quinze années, l'enquête sur l'affaire Dupont de Ligonnès se heurte systématiquement et invariablement à la même impasse : le département du Var. Alors que les corps d'Agnès Dupont de Ligonnès et de ses quatre enfants – Arthur, Thomas, Anne et Benoît – ont été découverts le 21 avril 2011 à Nantes, le mystère entourant la disparition de Xavier Dupont de Ligonnès, le père de famille et principal suspect, reste totalement insoluble.

La dernière trace : un parking d'hôtel dans le Var

La seule piste tangible dont disposent les enquêteurs s'arrête brutalement en bordure de l'autoroute A8, plus précisément sur le parking d'un hôtel Formule 1 situé à Roquebrune-sur-Argens dans le Var. C'est à cet endroit que le quinquagénaire a abandonné son véhicule le 15 avril 2011, soit seulement onze jours avant la macabre découverte à Nantes.

Le scénario élaboré par Xavier Dupont de Ligonnès était particulièrement sophistiqué. Il avait laissé derrière lui des lettres datées du 8 avril dans lesquelles il demandait à ses proches de confirmer une « version officielle » selon laquelle toute la famille serait partie s'installer en Australie. Cette manœuvre visait en réalité à dissimuler ce qui apparaît aujourd'hui comme une invraisemblable tentative d'exfiltration vers les États-Unis.

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La réalité des faits : un quintuple meurtre atroce

La vérité, terrifiante, est bien différente du scénario imaginé par le principal suspect. Les cinq membres de la famille Dupont de Ligonnès n'ont jamais quitté leur domicile du 55, boulevard Robert-Schuman à Nantes. Ils ont tous été exécutés pendant leur sommeil, chacun recevant au moins deux balles dans la tête. L'arme utilisée, une carabine, n'a jamais été retrouvée par les enquêteurs.

Les analyses ont permis d'établir que les décès sont survenus autour du 4 avril 2011. Les dépouilles de la mère et des enfants ont été soigneusement enveloppées dans des sacs-poubelles avec des petits objets religieux, avant d'être ensevelies sous un balcon-terrasse à l'arrière de la maison. Elles reposaient dans un mélange de chaux et de gravats, accompagnées des deux labradors de la famille, tués de la même manière. Ce caveau improvisé avait été scellé avec une couche de ciment puis recouvert par un bric-à-brac divers, permettant de faire illusion lors des premières visites domiciliaires de la police.

Le périple vers le Sud et l'impasse varoise

Xavier Dupont de Ligonnès a quitté Nantes le dimanche 10 avril 2011 pour entamer un road-trip vers le Sud-Est de la France. Son parcours a été jalonné de haltes dans des hôtels bon marché, à une exception près : le 12 avril, où il s'est offert une nuit dans un établissement cinq étoiles au Pontet dans le Vaucluse.

Ce périple l'a finalement conduit dans le Var, un territoire qui lui était familier et gorgé de souvenirs personnels. De La Seyne-sur-Mer à Draguignan, en passant par Grimaud, la biographie de Xavier Dupont de Ligonnès est intimement liée à ce département méditerranéen. C'est précisément là que sa trace s'est définitivement effacée, après une dernière nuit passée à l'hôtel Première Classe de La Seyne-sur-Mer les 13 et 14 avril 2011.

Quinze ans après : toujours aucune avancée notable

Le principal suspect est officiellement réputé en fuite, même si l'hypothèse du suicide n'a jamais été totalement écartée par les enquêteurs. Il bénéficie naturellement de la présomption d'innocence, sa culpabilité n'ayant jamais été légalement établie.

Quinze années après les faits, les investigations n'ont pourtant connu aucune avancée significative. Le parquet de Nantes, contacté récemment, a confirmé que « sur ce dossier, il n'est pas possible de constater une évolution notable ». Les pistes explorées – dont celle d'un achat de faux papiers dans le Var pour gagner les États-Unis – n'ont abouti à aucun résultat concret.

L'énigme Dupont de Ligonnès demeure donc entière, avec ses zones d'ombre persistantes et cette case varoise qui continue de bloquer toute progression de l'enquête, laissant les questions sans réponse et les familles des victimes dans l'attente d'une vérité qui tarde à se révéler.

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