Au Cannet, le désespoir de Martine Vacherié après l'acquittement des meurtriers présumés de son fils au Brésil
Désespoir d'une mère après l'acquittement des meurtriers de son fils

Au Cannet, le désespoir de Martine Vacherié après l'acquittement des meurtriers présumés de son fils Cédric au Brésil

Après sept longues années d'enquête et de procédure judiciaire, les meurtriers présumés du Cannettan Cédric Vacherié ont été finalement acquittés par un tribunal brésilien. Pour Martine Vacherié, la mère du défunt abattu à l'âge de 33 ans, cette décision représente un coup de grâce insupportable, plongeant sa famille dans un abîme de désespoir et de remise en question de la justice.

Un verdict sous influence dans le fief des accusés

Le procès, qui s'est déroulé à Paraty, a été marqué par un contexte particulièrement troublant. L'avocate brésilienne de la famille Vacherié avait en vain demandé la délocalisation de l'audience, craignant une influence indue. En effet, à Paraty, fief du pasteur évangéliste Ceniro Dos Santos et de son fils Ricardo, les accusés, la plupart des membres du jury étaient des fidèles de leur église. Les pressions exercées ont visiblement pesé sur les votes, transformant l'énoncé du verdict en une scène comparable à un office religieux, avec des applaudissements et des cantiques.

Martine Vacherié, depuis son appartement du vieux Cannet, a suivi cette audience tronquée par vidéo, jusqu'au bout de la nuit, aux côtés de son autre fils Fred. Elle confie avoir eu un mauvais pressentiment, et l'acquittement est venu comme une trahison ultime. Elle revoit ces hommes, qu'elle avait croisés chez Cédric au Brésil lorsqu'ils travaillaient à la construction de sa maison, son « havre de paix ».

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Sept ans de lutte et un deuil impossible

Pour Martine, les preuves étaient accablantes : la fuite des accusés après le décès, leurs accusations mutuelles, l'arme du crime. Tout aurait dû conduire à une condamnation. Au lieu de cela, les Dos Santos sont libres, tandis que Cédric repose dans le jardin de son frère au Cannet. Épuisée par des années de combat judiciaire, Martine avoue ne plus croire en la justice pour son fils. Bien que son avocate et le Parquet de Paraty envisagent un appel, elle hésite, poussée par Fred à « passer à autre chose » pour préserver sa santé.

Elle tente maintenant de faire son deuil, tournant son regard vers la Méditerranée plutôt que vers le portrait de Cédric accroché dans sa maison. Un livre écrit à sa mémoire témoigne de cette lutte acharnée, mais la lassitude l'emporte.

Cédric Vacherié : une personnalité hors du commun

Cédric était un homme anticonformiste, artiste et homosexuel, qui avait trouvé son éden à Paraty après une vie à Rio comme coiffeur. Sa mère le décrit comme un « fort caractère », extraverti, gentil et attentionné, toujours prêt à aider les autres. Il avait adopté la religion du Candomblé, mélange de catholicisme, de rites indigènes et de croyances africaines, et vivait en harmonie avec la nature.

Malheureusement, son voisinage avec les Dos Santos, embauchés pour des travaux, a tourné au drame. Un différend sur le chantier, combiné peut-être à l'homophobie, aurait conduit à son assassinat. Aujourd'hui, il ne reste de Cédric que quelques reliques, comme un collier d'intronisation et des clés, survivant des cendres de Paraty.

Cette affaire soulève des questions profondes sur l'équité des procès dans des contextes locaux influents et la quête de justice pour les familles de victimes à l'étranger.

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