Drones: vols d'urgence suspendus à l'hôpital de Strasbourg
Drones: vols d'urgence suspendus à l'hôpital de Strasbourg

Depuis environ trois semaines, les hélicoptères d'urgence ne peuvent plus se poser la nuit à l'hôpital de Hautepierre à Strasbourg. La préfecture du Bas-Rhin a confirmé lundi que des drones effectuant des livraisons illégales aux détenus de la prison de l'Elsau, située à proximité, empêchent ces atterrissages. Les vols d'urgence sont suspendus en raison de ce risque pour les personnes.

Deux jeunes condamnés pour livraison par drone

Mardi, le tribunal correctionnel de Strasbourg a condamné deux jeunes majeurs, âgés de 18 et 19 ans, pour complicité de tentative de remise d'objets illicites à détenu. Ils ont écopé respectivement de 18 mois de prison ferme et de 18 mois dont 12 avec sursis, et ont été écroués sur-le-champ. Ils étaient jugés en comparution immédiate.

Les deux individus avaient été arrêtés mi-août au petit matin, lorsqu'un drone avait atterri dans une rue de Strasbourg, entre la maison d'arrêt de l'Elsau et le grand hôpital de Hautepierre. Les policiers, alertés par des gardiens de prison qui avaient géolocalisé le pilote, avaient découvert à proximité un « cabas » contenant des produits stupéfiants, du tabac, de la viande et des cartes SIM. Les prévenus étaient en possession de sept batteries de drone, ce qui laisse supposer que « toute une série d'allers-retours à destination de la prison » était prévue pendant la nuit, a relevé le procureur Félix Delaporte.

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Un risque pour les personnes

« Au CHU, on ne peut plus faire atterrir les hélicoptères des services d'urgence à cause de ces ballets de drones incessants », a déploré le procureur, évoquant un « risque pour les personnes ». Il a ajouté : « Je ne voudrais pas que ce soit sur les mains » des deux prévenus « que l'on retrouve le sang de personnes » qui n'auraient pu être hospitalisées à temps. La préfecture a confirmé la suspension des vols d'urgence.

Des « petites mains » du trafic

L'un des deux jeunes hommes a reconnu avoir agi comme « chargeur », c'est-à-dire avoir eu pour rôle de charger le drone avec les objets destinés à des détenus. Il a confié toucher entre 50 et 100 euros pour cette mission. Il a également reconnu avoir publié sur Snapchat une « publicité » incitant des détenus à passer commande auprès de lui. L'autre prévenu, qui a déjà des condamnations pour trafic de stupéfiants, s'est défendu d'avoir agi comme « guetteur ». Le pilote du drone n'a pas été interpellé.

Les défenseurs des deux prévenus les ont présentés comme des « petites mains » de trafiquants et ont appelé le tribunal à ne pas les condamner pour l'exemple du fait de la suspension des vols sanitaires. La suspension des vols d'urgence à Hautepierre demeure en vigueur, et la préfecture n'a pas annoncé de date de reprise.

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