Josette Clément, doyenne de Saint-Bauzély (Gard), s'est éteinte le 14 août dernier, quelques mois après avoir célébré ses 103 ans le 27 février. Elle laisse derrière elle une histoire familiale profondément ancrée dans le village, où sa maison, construite par son arrière-grand-père, continue d'abriter sa petite-fille.
Une vie marquée par le village et les études
Née à Saint-Bauzély, au 64 chemin de Montagnac, dans la maison familiale, Josette Clément a vu le jour dans des conditions que sa mère aimait raconter. Ce jour-là, le médecin de Saint-Mamert avait saisi une bible pour se donner du courage, tandis que sa mère souffrait et que la sage-femme trépignait d'impatience. Mme Clément avouait souvent qu'elle n'aurait jamais cru vivre plus d'un siècle, elle qui revenait régulièrement dans cette maison familiale.
Scolarisée à l'école du village, dans une classe unique d'une trentaine d'enfants, elle suivit les cours jusqu'à l'âge de 11 ans. Reçue à l'examen d'études avant l'âge, elle entra au Lycée de l'Oratoire à Nîmes, où elle obtint son bac math philo avec mention. Il était convenu qu'elle suive des études de pharmacie ; elle commença son apprentissage chez M. Lafont, pharmacien à Saint-Génies. Malheureusement, tombée malade, cela ne put se faire.
Un parcours professionnel et familial éprouvant
La maladie l'ayant éloignée des études, elle revint aider sa mère, mariée à un propriétaire terrien, exploitant agricole. Mme Clément épousa Pierre Gervais, employé administratif aux Ponts et chaussées, avec qui elle eut une fille en 1949. Un an plus tard, le couple divorça. Pour faire face, Mme Clément reprit le chemin des études et choisit de passer un BTS économie sociale et familiale.
Elle passa un an à Nîmes à l'École d'enseignement ménager, mais aussi à Salin-de-Giraud dans un centre ménager qui dépendait de l'usine, ainsi qu'aux Houillères de Provence. Puis, elle fut enfin enseignante et très rapidement appelée à intégrer l'école de cadres pour la formation des professeurs, à la Cadenelle à Marseille, où elle vécut jusqu'à la retraite. Sa fille, Françoise, fut emportée par une maladie à l'âge de 38 ans ; le drame de sa vie.
Une retraite paisible et un héritage familial
Retraitée, elle revint vivre à Nîmes. Après avoir subi plusieurs AVC, elle fit le choix d'intégrer l'Ehpad Château Notre-Dame de Parignargues pour se libérer des tâches du quotidien devenues trop lourdes. Mme Clément occupait son temps à lire, à regarder des émissions éducatives et venait régulièrement dans la maison familiale de Saint-Bauzély, où vit toujours sa petite-fille, pour passer un moment chaleureux avec sa famille et ses arrière-petits-enfants.
Son arrière-grand-père avait bâti cette maison après son mariage avec Marguerite Dupont, jeune fille du village. La grande remise, à gauche de la maison, était un ancien moulin à huile datant d'avant son arrière-grand-père et dont les meules sont exposées dans le jardin. Josette Clément a fermé les yeux, rassurée de savoir que cette maison, berceau familial, continue à vivre au rythme de son histoire. Depuis le 21 août au matin, elle repose au petit cimetière tout près de là.



