Démolition des Vignes pourpres : le traumatisme persiste
Démolition des Vignes pourpres : traumatisme persistant

Presque deux ans après l'explosion due au gaz, une partie de la résidence les Vignes pourpres va être rasée. Sous les yeux d’anciens locataires encore traumatisés, la grande pince de démolition réduit en morceaux ce qui fut leur foyer. Samuel Le Drévo habitait au premier étage, en dessous de l’appartement où s’est produite l’explosion le 8 mai 2024.

Un chantier symbolique

Jeudi 23 avril, l’entreprise girondine Valodem a entamé la déconstruction de l’aile ouest du bâtiment A, le côté « crépi bordeaux » de la résidence. Les deuxième et troisième étages s’étaient effondrés sur le premier après la déflagration. Un seul engin mécanique et deux ouvriers sont à l’œuvre pour grignoter l’édifice de béton et trier les gravats. Le chantier doit se poursuivre jusqu’au 30 avril selon l’arrêté municipal d’autorisation d’occupation du domaine public affiché sur les barrières. Les anciens locataires des Vignes pourpres le découvrent.

« J’ai écrit à Domofrance [le bailleur privé propriétaire de la résidence, NDLR] pour savoir quand aurait lieu la démolition, explique Samuel Le Drévo, je n’ai pas eu de réponse. » Aujourd’hui logé à la Genette, dans un immeuble « qui n’a rien à voir avec les belles demeures du quartier », ce dernier a tenu à assister aux derniers instants du bâtiment. Il a vu depuis le 1er avril les ouvriers vider et jeter à la benne ce qu’il restait à l’intérieur : meubles, radiateurs, portes. « Ce n’est peut-être pas une bonne idée pour mon moral, mais j’avais la curiosité de voir les premiers coups de pelle. »

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Un traumatisme toujours présent

Près de deux ans ont passé, mais le temps n’a pas guéri les blessures morales des 29 sinistrés, qui ont perdu une grande partie de leurs biens. Tous ont été relogés, à La Rochelle, dans l’agglomération ou ailleurs. Les liens noués après le drame se sont peu à peu distendus. Certains se sont retrouvés le 14 mai 2025 lors du procès de Rodrigue Landreau, le locataire accusé d’avoir fait sauter l’immeuble en tentant de se suicider en ouvrant le gaz. Le quinquagénaire a mis fin à ses jours cinq mois plus tard, alors qu’il avait fait appel de sa condamnation en première instance à six mois de prison avec sursis, assortis d’une obligation de soins et d’une amende de 500 euros.

« On est toujours traumatisés, confie Samuel Le Drévo. Tous les anciens locataires ont encore les images en tête et ne sont pas près de les oublier. Sans compter qu’on s’est retrouvés sans rien du jour au lendemain. Personnellement, je suis suivi et je passe encore des nuits difficiles… J’ai eu la chance d’avoir à ce moment-là une maman qui a pu m’aider financièrement. »

L’attente de l’indemnisation

Comme ses anciens voisins, le Rochelais attend toujours d’être indemnisé au titre des dommages et intérêts. « Les avocats ont fait le nécessaire auprès de la Civi [Commission d’indemnisation des victimes d’infractions], ils ont rappelé aussi que le temps de la justice n’est pas le même que le nôtre… » Le chantier terminé, un autre pourra commencer, celui de la reconstruction d’autres logements. « Même si le futur bâtiment magnifique, je ne pourrai jamais revenir ici », glisse Samuel Le Drévo.

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