Un drame maritime dans les eaux girondines
Le 22 février 1982 restera une date sombre dans les annales maritimes du bassin d'Arcachon. Ce jour-là, un voilier de 9,20 mètres, le Yada VI, a été victime d'une lame déferlante monumentale, estimée entre 7 et 8 mètres de hauteur. L'incident s'est produit entre les bouées 2 et 3, dans les passes du bassin, vers 8 heures du matin.
Le barreur emporté par les flots
Le barreur, un Bordelais âgé de 32 ans, mécanicien de profession, marié et père de deux enfants, a été projeté par-dessus bord par la violence de la vague. Les circonstances rendent sa survie très improbable, et il est présumé avoir péri noyé. Les recherches menées par les secours n'ont, hélas, abouti à aucun résultat positif ce soir du 22 février.
Une croisière qui tourne au cauchemar
Le propriétaire-skipper du bateau avait embarqué depuis Taussat le samedi après-midi, en direction de Royan, accompagné de deux passagers : son cousin, Thierry Buisson, 23 ans, attaché commercial résidant à Mérignac, et Jean-Luc Samitier, un jeune homme de 16 ans habitant Saint-Jean-d'Illac. La navigation s'est avérée difficile, et l'équipage, incommodé par les conditions, a décidé de rebrousser chemin dans la nuit de dimanche à lundi, au large de la côte médocaine.
C'est alors que le voilier, bien engagé dans la passe, a « surfé » sur une vague monstrueuse avant de chavirer complètement. Le poids de l'eau a précipité le barreur par-dessus bord, tandis que les deux autres occupants, qui se trouvaient dans le carré, ont été violemment secoués mais sont parvenus à remonter sur le pont.
Des tentatives de sauvetage infructueuses
Malgré leur état de choc, MM. Buisson et Samitier ont lancé une bouée-couronne en direction du barreur, mais celui-ci, irrésistiblement entraîné par les rouleaux, n'a pas pu s'en saisir. Les deux hommes ont ensuite tenté de stabiliser le bateau à la voile, le moteur et la radio ayant été endommagés par le chavirage.
Leur calvaire a pris fin lorsqu'un autre plaisancier, M. Cazaubon de La Réole, naviguant à proximité sur sa vedette Coca Patsyl, leur a porté assistance. L'alerte a immédiatement été donnée, déclenchant une vaste opération de recherche coordonnée par le CROSSA-Soulac.
Une mobilisation des secours en vain
Les recherches ont été menées par :
- La vedette de gendarmerie Général-Fouché
- Le bateau patrouilleur de la S.N.S.M. basé à La Vigne
- L'hélicoptère de la gendarmerie stationné à Villemarie
Malgré cette mobilisation impressionnante, aucune trace du barreur n'a été retrouvée à la tombée de la nuit, scellant le sort tragique de cette journée.



