Un directeur d'école licencié à Agen suite à un signalement pour comportements inappropriés
Jean Bourrousse vient d'être licencié de son poste de directeur de l'institution La Salle Felix Aunac à Agen. Ce licenciement fait suite à un signalement pour « comportements inappropriés » déposé au parquet de Bordeaux. Les faits allégués concerneraient la période entre 2017 et 2024, alors que Jean Bourrousse officiait au sein de l'école catholique Saint-Genès La Salle en tant que délégué de tutelle.
Une conférence de presse pour contester les accusations
Ce jeudi 5 mars, Jean Bourrousse a tenu une conférence de presse à Agen en compagnie de ses avocats, Me Martial et Me Casellas. L'objectif était de contester fermement les accusations qui ont conduit à son renvoi. Le directeur licencié se dit innocent et déplore un manque total de précision dans les reproches qui lui sont faits.
« La lettre de licenciement ne se réfère pas à un fait précis. C'est la conséquence d'un obscurantisme religieux et dans le droit fil de la mise à pied, toute aussi peu explicative et toute aussi violente », a déclaré Me Martial lors de la conférence. Me Casellas a ajouté : « On nous parle d'un signalement, mais quand on demande ce qui est signalé, on ne nous dit rien. »
Des accusations floues et une défense vigoureuse
Jean Bourrousse exprime son incompréhension totale face à cette situation. « Que me reproche-t-on ? Je n'en sais rien. Il n'y a aucun élément. C'est de l'inquisition. Les amalgames faits ici ou là sont proprement scandaleux », a-t-il affirmé. Il insiste sur son parcours irréprochable au sein de l'enseignement catholique depuis 1989 et sur la nature de ses fonctions précédentes.
En tant que délégué de tutelle, sa mission consistait en un accompagnement et une évaluation des établissements et de leurs chefs. « Mon travail était de visiter collèges, lycées, écoles, voir les professeurs, des responsables, travailler avec l'enseignement catholique, avec les différentes autorités », a-t-il précisé. Cette mission s'étendait jusqu'à La Réunion et incluait la gestion de crises, comme celles survenues à Jurançon et Bordeaux en 2023.
Un préjudice considérable et des recours juridiques
La défense de Jean Bourrousse estime que le préjudice subi est considérable. Outre le volet pénal, Mes Martial et Casellas ont annoncé leur intention de saisir le conseil de prud'hommes pour contester le licenciement. Ils pointent du doigt le visiteur provincial à l'origine du signalement, un homme avec lequel Jean Bourrousse entretenait « un rapport hiérarchique lointain ».
Interrogé sur d'éventuelles rivalités ou des appréciations défavorables dans son dossier professionnel, l'intéressé a répondu : « Chaque fois qu'il m'a évalué, on m'a laissé continuer ma mission de délégué. » Il rejette également toute idée d'avoir eu des relations inappropriées avec des jeunes : « Mes relations avec les jeunes étaient extrêmement rares. Je n'ai jamais vu un élève sans responsable à côté. »
Une nomination récente et une médaille symbolique
Jean Bourrousse occupait le poste de directeur à Agen depuis l'été 2024 seulement. Il décrit cette nomination comme un retour sur le terrain auprès des enfants. Fait paradoxal, en juin 2024, le frère à l'origine du signalement lui a remis la médaille de l'Institut des Frères des écoles chrétiennes, reconnaissant ainsi son engagement de longue date.
« S'il y avait eu des suspicions, on m'aurait envoyé au pôle Nord », a-t-il ironisé. Jean Bourrousse et ses avocats affirment se tenir à disposition de la justice pour être auditionnés et connaître précisément les faits qui lui sont reprochés, dénonçant une violation du droit de la personne et du droit du travail.



