Le 8 juillet 2026, le tribunal correctionnel de Sète a condamné un homme de 52 ans à six mois de prison avec sursis probatoire pour la dégradation de la synagogue de Sète, survenue dans la nuit du 16 au 17 septembre 2025. L'accusation d'acte antisémite n'a pas été retenue, les experts ayant conclu à une altération du discernement du prévenu au moment des faits.
Des dégradations filmées par la vidéoprotection
Les caméras de vidéoprotection de la synagogue ont filmé un homme se hissant difficilement par-dessus le portillon d'entrée et pénétrant dans l'enceinte de l'édifice religieux. Le lendemain matin, les responsables ont constaté plusieurs dégradations : deux vitres du sas d'entrée avaient été brisées à l'aide d'une pierre, une soukka (édifice de bois utilisé lors de la fête de Souccot) avait été endommagée dans le jardin, et un robinet laissé ouvert avait provoqué une importante fuite d'eau.
Cet incident a profondément choqué la communauté juive de Sète, qui y voyait un acte antisémite dans le contexte du conflit à Gaza. Les enquêteurs ont retrouvé un ADN sur les lieux, correspondant à un SDF de 52 ans, basé à Juvignac. Il a été interpellé le 5 mai 2026 sur un parking à Juvignac, en état d'ébriété et tenant des propos incohérents.
Un parcours chaotique marqué par les addictions
Lors de l'audience, la présidente Florence Niel a rappelé que l'auteur avait déclaré en garde à vue avoir agi sous le coup de la colère « à force de regarder les actualités ». Le prévenu, suivi pour des troubles bipolaires, avait interrompu son traitement. Il a expliqué : « Ce soir-là, j'étais alcoolisé, drogué, je cherchais de l'argent, j'ai tout mélangé dans ma tête, je ne sais pas ce qu'il s'est passé. C'est débile, c'est dégueulasse ce que j'ai fait. »
Il a admis boire un litre et demi de vin par jour, consommer un gramme de cocaïne tous les trois jours et avoir stoppé son traitement. Une expertise psychiatrique a confirmé l'absence d'« acte idéologique construit » et relevé une altération de son discernement au moment des faits. Le prévenu a également été renvoyé d'une pension de famille et a dû s'éloigner de sa famille en raison de ses accès de colère.
Pas de circonstance aggravante d'antisémitisme
Le parquet avait requis une peine mixte d'un an de prison avec obligation de soins, mais le tribunal a prononcé une peine de six mois avec sursis probatoire. Un euro symbolique a été accordé à la partie civile pour le préjudice moral. Me David Mendel, avocat de l'Association culturelle israélite de Sète, a déclaré : « Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de raison juridique de soulever la circonstance aggravante d'antisémitisme que l'on doit banaliser ces faits. Ce qui a marqué, c'est qu'il a dit “j'ai été influencé par la télévision”, c'est pour cela que l'association est vigilante aux discours de haine qui engendrent des actes violents. Il y a eu un préjudice moral. »
La défense a reconnu « la portée symbolique » du geste, tout en soulignant son caractère « incohérent ». Le prévenu a présenté ses excuses et demandé des soins.



