Lundi 27 avril, un CRS de la région Occitanie était jugé à Dax pour des violences commises lors de l’édition 2022 des Fêtes de Dax, sur un festayre qui urinait dans la rue. Il nie les faits. Le délibéré est attendu pour le 1er juin 2026.
Les faits remontent à la nuit du 13 août 2022
Samedi 13 août 2022, en pleine nuit, les Fêtes de Dax battent leur plein. Les festayres s’entassent dans les rues. Des CRS sont déployés en renfort pour sécuriser les participants. Un convoi est posté sur l’esplanade Charles-de-Gaulle, non loin de l’entrée de la rue des Fusillés, où se situe le commissariat. Des suspicions d’agressions sexuelles sont signalées. La compagnie part en intervention, laissant seul un policier de 40 ans, originaire d’Occitanie, pour garder le véhicule, la barrière près du commissariat et surveiller les environs.
Pour la suite, deux versions s’opposent. Un festayre accuse le CRS de violences ayant entraîné une incapacité totale de travail de douze jours. La victime, près de quatre ans plus tard, porte toujours des séquelles. Le policier nie les faits.
Le récit du festayre
À la barre du tribunal de Dax, ce lundi 27 avril 2026, le jeune fêtard raconte son histoire. Alcoolisés comme le sont souvent les festayres, lui et deux compères décident d’uriner en pleine rue, contre un local poubelle, non loin du commissariat, sans apercevoir le camion de CRS. Le policier se serait alors approché et aurait mis « une balayette par-derrière » dans les jambes de la victime. Celui-ci tombe au sol et se fracture l’épaule contre le trottoir. Il présente une blessure à l’arcade et saigne abondamment au visage.
Après avoir prodigué les premiers secours, les deux amis du blessé se rendent au commissariat pour signaler les faits. « On nous a dit de repasser le lendemain, que ce n’était pas le moment », témoigne l’un d’eux. « On se sentait en tort d’avoir uriné à un endroit où il ne fallait pas », ajoute-t-il. Le témoin précise : « Nous n’avons rien contre la police. D’ailleurs, au commissariat, un autre CRS s’est occupé de nous. Quand on lui a raconté ce qu’il s’est passé, il s’est excusé au nom de la police. »
La défense du CRS
Un collègue du mis en cause, également témoin, reconnaît avoir pris en charge la victime mais n’accuse pas son collègue. « Ce soir-là, on n’en a pas reparlé entre nous. Plus tard, il m’a dit qu’il ne s’était rien passé. » Il décrit le policier comme un « bon copain, discret, calme, tempéré ». Le CRS présente un profil irréprochable : aucun antécédent de violence, un dossier administratif « brillant » selon le procureur Benoît Fontaine, et même des félicitations de sa hiérarchie pour des interventions lors des fêtes concernant des agressions sexuelles.
L’avocat du mis en cause, Me Alary, estime que rien ne prouve que le jeune festayre n’est pas tombé de lui-même. « Cela ne serait pas la première fois qu’un jeune fortement alcoolisé chute. S’il y avait eu une balayette, la victime aurait eu un hématome au tibia. » De plus, même si une balayette avait été effectuée, rien ne prouve que ce soit son client. « Cette nuit-là, il y avait des CRS partout en ville. Il n’y avait aucune vidéosurveillance. On a montré une photo de mon client aux témoins qui l’ont reconnu, mais ils ont pu confondre avec quelqu’un d’autre. Aucun autre profil ne leur a été montré. »
Les réquisitions du procureur
Malgré la défense, les témoignages concordants, la reconnaissance du visage du CRS par des témoins, le fait qu’il était seul au moment des faits et les conclusions de l’IGPN validant l’accusation poussent le procureur à demander une condamnation avec sursis. Il considère la réaction du CRS « fortement disproportionnée par rapport aux faits que l’on peut reprocher à la victime, à savoir d’uriner sur la voie publique ». Le délibéré est attendu pour le 1er juin 2026.



