Trois barbiers niçois condamnés pour travail dissimulé et blanchiment
Barbiers niçois condamnés pour travail dissimulé

Le tribunal correctionnel de Nice a rendu son verdict ce mardi 28 avril 2026 dans l'affaire des trois barbiers de la famille Ben M'Barek. Les prévenus, deux frères et leur cousin, ont été reconnus coupables de travail dissimulé, d'emploi d'étrangers sans autorisation et de blanchiment d'argent, le tout en bande organisée. Ils ont en revanche été relaxés du chef d'aide à l'entrée et au séjour irrégulier d'étrangers.

Des pratiques illégales systématiques

Le président du tribunal, Didier Iermoli, a souligné la similitude des méthodes employées par les trois hommes entre janvier 2021 et décembre 2025. Les paiements étaient majoritairement effectués en espèces, les gains partagés à parts égales entre gérants et coiffeurs, et le chiffre d'affaires largement sous-déclaré. « Il n'y avait aucune comptabilité », a résumé le magistrat. Les employés passaient également d'un salon à un autre, sans aucune traçabilité.

Le barber shop « L'Artisto », situé au 75, rue de France, générait entre 18 000 et 33 000 euros de chiffre d'affaires mensuel. L'enquête préliminaire, qui a duré 15 mois, a révélé une activité soutenue et florissante, avec des établissements ouverts six jours sur sept, parfois jusqu'à tard le soir.

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Des peines lourdes mais aménageables

Ahmed Ben M'Barek, considéré comme le chef d'orchestre, a été condamné à cinq ans de prison, dont trois ans avec sursis probatoire. Les deux années fermes seront aménagées. Il devra également payer une amende de 150 000 euros. Son frère Khalil a écopé de quatre ans de prison, dont deux avec sursis probatoire, et d'une amende de 120 000 euros. Leur cousin Mohamed, absent à l'audience, a été condamné à deux ans de prison, dont un an avec sursis probatoire et un an sous bracelet électronique, assortis d'une amende de 50 000 euros.

Les trois hommes devront en outre verser solidairement plus de 128 000 euros à l'URSSAF. Ce montant est calculé à leur avantage, le préjudice total étant estimé à près d'un million d'euros. À titre de peine complémentaire, ils se voient interdire pendant dix ans d'exercer le métier de barbier ou toute activité commerciale, avec une interdiction définitive de gérer une entreprise. Le tribunal a également ordonné la fermeture de tous les établissements impliqués dans différents quartiers de Nice.

La défense crie à l'injustice

Les avocats des prévenus dénoncent des sanctions disproportionnées. Me Florian Abassit critique une décision « injuste », estimant qu'elle tranche avec les pratiques habituelles où des procédures simplifiées comme la CRPC aboutissent à des peines plus clémentes. Me Hatem Ayadi souligne la lourdeur de la sanction pour un client sans antécédents judiciaires et s'interroge sur l'interdiction d'exercer, y compris comme salarié, alors que les condamnés doivent rembourser les sommes dues. Les deux avocats se réservent le droit d'interjeter appel pour Ahmed et Khalil Ben M'Barek.

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