Le dimanche 23 août, une cérémonie du souvenir marquera le 82e anniversaire des combats de la fin août 1944 à Saint-Pons-de-Thomières, dans l'Hérault. Dès 10 h, un rassemblement est prévu sur le parvis de la mairie, suivi d'un cortège qui se rendra sur la stèle Charles-Barthès, au monument des victimes de la résistance de la place du Foirail, puis au mémorial des Tuileries pour des dépôts de gerbes et les discours officiels.
Des combats violents en août 1944
Après le débarquement, l'occupant avait entamé un mouvement de repli, et certaines troupes basées dans le Sud-Ouest avaient choisi de passer par la région pour rejoindre la vallée du Rhône et remonter vers l'Allemagne. Leur route allait croiser celle de la Résistance, dont l'objectif était de ralentir cette retraite par tous les moyens.
Membre du groupe Serano du maquis La Tourette, Paul Barthès, alias Costes ou Le boulanger, aujourd'hui disparu, avait participé aux premiers combats. Le dimanche 20 août 1944 au petit matin, il était en embuscade au lieu-dit Les Tuileries, juste au-dessus du pont qui venait d'être détruit. Il raconte : « Caporal et tireur au fusil-mitrailleur, je distinguais vaguement de ma position des formes allongées qui n'étaient que des platanes abattus. Nous entendions le bruit des camions, et des cris rauques dont nous ne pouvions que percevoir le son. J'ai la main crispée sur la crosse, mon camarade allongé contre moi avait un chargeur dans une main et une grenade dans l'autre. »
Le récit de l'embuscade des Tuileries
Un deuxième fusil-mitrailleur est mis en place à proximité, et le groupe de résistants est dispersé autour avec les lieutenants Pigment et De Niort, ainsi qu'une section disposant d'un petit mortier. Paul Barthès fixe la route des yeux et commence à distinguer des formes et à entendre des bruits secs. Ce sont des coups de haches donnés par des soldats allemands pour dégager le chemin. Une forme se dégage dans les premières lueurs du matin. Ce qui avait été pris pour un chariot est vite identifié comme un canon antichar. « Je pointais immédiatement mon arme dans sa direction, ce fut juste à ce moment que partit le signal tant attendu d'ouvrir le feu. »
Un déluge de fer et de feu allait suivre pour ce premier des nombreux combats qui, en quatre jours, allaient faire plusieurs victimes et semer la terreur dans le village. La cérémonie du 23 août rendra hommage à ces résistants et à toutes les victimes de ces affrontements.



