Un ancien conseiller communal chargé de la sécurité à Crans-Montana a été ajouté à la liste des prévenus dans l'enquête sur l'incendie meurtrier de la nuit du Nouvel An dans la station de ski suisse, a-t-on appris mardi de sources proches du dossier. Thibault Beytrison, qui a siégé de 2017 à 2020, sera entendu le 29 septembre dans le cadre de cette affaire qui a fait 41 morts et 115 blessés, ont indiqué ces sources, confirmant des informations de la radio-télévision publique suisse (RTS).
Une instruction élargie à 16 prévenus
Cette nouvelle mise en cause porte à 16 le nombre de personnes visées par l'instruction pénale ouverte après le drame. Parmi elles figurent sept actuels et anciens élus et sept employés ou ex-employés de la commune, dont les responsables ont reconnu juste après le drame l'absence de contrôles sécurité et incendie dans le bar incendié depuis 2019.
Les principaux mis en cause, Jacques et Jessica Moretti, des Français copropriétaires du bar Le Constellation, doivent être de nouveau entendus lors de deux audiences de confrontation à l'automne, ont rapporté les mêmes sources.
Des confrontations attendues par les victimes
« Ces auditions sont essentielles et permettront aux avocats des parties plaignantes de poser leurs questions. Les victimes ont besoin de réponses », a réagi auprès de l'AFP Romain Jordan, un des avocats des parties civiles.
Le drame, survenu en pleine célébration de la Saint-Sylvestre, a principalement frappé des adolescents et de jeunes adultes, dont de nombreux étrangers, en particulier des Italiens et des Français. Les premiers éléments de l'enquête font apparaître que l'incendie a été déclenché par les étincelles de bougies « fontaine » qui ont enflammé une mousse insonorisante au plafond du sous-sol du bar.
Des charges élargies pour Jessica Moretti
Dans le cadre de cette affaire, tous les accusés doivent répondre des mêmes charges d'« homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence ». Depuis sa dernière audition début juin, Jessica Moretti doit également répondre de faux dans les titres en lien avec une fausse facture concernant la mousse insonorisante du sous-sol du bar.
Début juin, deux avocats des parties civiles avaient réclamé aux magistrats suisses une requalification des charges pesant sur le couple de Français, après la révélation d'échanges de ces derniers avec des employés attestant de leur connaissance d'un risque d'incendie. Les prochaines audiences de confrontation à l'automne devraient permettre de faire avancer l'enquête et de répondre aux attentes des victimes.



