Incendie de Crans-Montana : les avocats crient à la collusion après une rencontre secrète
Crans-Montana : rencontre secrète avant audition, les avocats dénoncent

Incendie de Crans-Montana : une rencontre secrète avant une audition met le feu aux poudres

Plusieurs avocats ont vivement dénoncé ce mercredi 15 avril 2026 ce qu'ils qualifient de probable collusion dans l'enquête sur l'incendie tragique du bar de Crans-Montana, qui a coûté la vie à 41 personnes. La révélation d'une rencontre furtive entre le maire Nicolas Féraud et un ancien conseiller communal, la veille de l'audition de ce dernier, a immédiatement suscité l'indignation des conseils des parties civiles et des copropriétaires du bar.

Une réunion « furtive » et « en catimini »

Selon des sources proches du dossier, confirmant des informations de la RTS, l'ancien conseiller communal en charge de la sécurité publique de Crans-Montana, auditionné mercredi dans le cadre de l'enquête sur l'incendie meurtrier survenu lors de la nuit du Nouvel An, a reconnu devant les magistrats avoir rencontré la veille le président de la commune, Nicolas Féraud. Ce dernier avait lui-même été entendu lundi à Sion. Une autre réunion aurait également eu lieu le 11 avril.

L'ex-conseiller communal a assuré que l'entretien avait été bref et que le dossier judiciaire n'avait pas été évoqué. Bien que théoriquement autorisée par la justice à condition que l'affaire ne soit pas abordée, cette rencontre est perçue avec un profond scepticisme par les avocats des parties civiles.

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Me Yaël Hayat, qui représente les copropriétaires du bar Jacques et Jessica Moretti, principaux mis en cause, n'a pas mâché ses mots : « Bien sûr que ça questionne, parce que c'est une visite furtive, c'est une visite en catimini, un huis clos, secrète. Et puis la veille d'une audition, sans doute que ce n'est pas pour parler de la météo ».

Didier Elsig, avocat des parties civiles, a partagé le même scepticisme : « On a l'impression qu'ils allaient accorder leurs violons pour nous réciter la même partition […] c'est dommage parce qu'on a l'impression que plus le temps passe, plus ces personnes ont le temps de se préparer ».

Le maire écarte toute responsabilité

Nicolas Féraud et l'ancien conseiller communal, en poste de 2021 à 2024, font partie des neuf personnes placées sous investigation pénale dans l'enquête sur le drame, qui a fait 41 morts et 115 blessés, principalement des adolescents et de jeunes adultes qui fêtaient le réveillon dans la station de ski suisse. La commune avait reconnu dès le lendemain du drame l'absence de contrôles incendie dans le bar depuis 2019, alors qu'ils doivent être effectués chaque année.

Lundi, devant les magistrats, le maire a pourtant écarté toute responsabilité, assurant ne pas avoir été alerté de ces manquements et se bornant à affirmer avoir « donné les moyens nécessaires à ses services ». Son avocat, Christian Delaloye, a assuré que la rencontre avec l'ex-conseiller n'était pas survenue « dans un esprit de cacher des choses, de transformer les faits ».

« Dévoiement de la vérité » selon les parties civiles

La réplique des parties civiles est cinglante. L'avocat Christophe de Galembert a lancé : « On assiste malheureusement de la part des prévenus à un certain dévoiement de la vérité au profit d'une seule stratégie : minimiser les responsabilités pour permettre à une petite catégorie de personnes de conserver leur poste à la commune, et ce quoi qu'il en coûte ».

L'audition de mercredi était la dernière d'une troisième vague d'interrogatoires depuis l'ouverture de l'enquête, une procédure déjà pointée du doigt pour sa lenteur par de nombreux défenseurs des victimes. Cette affaire continue de soulever des questions cruciales sur la transparence et l'intégrité du processus judiciaire en cours.

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