L'audition marathon du maire de Crans-Montana après l'incendie meurtrier
L'enquête judiciaire se poursuit activement sur la tragédie qui a coûté la vie à 41 personnes dans la nuit du Nouvel An à Crans-Montana, en Suisse. Ce lundi, le président de cette commune alpine, Nicolas Féraud, a été longuement entendu par les magistrats du canton du Valais pour livrer ses explications concernant les graves manquements aux contrôles de sécurité.
Une absence de contrôles ignorée selon l'édile
Nicolas Féraud a formellement assuré aux enquêteurs qu'il n'était absolument pas au courant que les contrôles obligatoires du bar Le Constellation n'avaient pas été effectués depuis l'année 2019, soit pendant six longues années avant l'incendie dévastateur. L'édile, qui figure parmi les neuf personnes actuellement placées sous investigation pénale dans cette affaire, avait pourtant reconnu publiquement au lendemain du drame l'absence totale de contrôles de sécurité et d'incendie dans cet établissement depuis cette date, alors que la réglementation impose clairement que ces vérifications soient réalisées annuellement par les services communaux.
Onze heures d'audition intense
Son audition par le ministère public du canton suisse du Valais a été particulièrement marathon, puisqu'elle aura duré pas moins de onze heures complètes. Selon les déclarations de son avocat, Me Christian Delaloye, ce sera désormais « à l'instruction de déterminer avec précision la responsabilité » de cette absence prolongée de contrôles, puisque son client affirme n'en avoir été informé qu'« avant le 2 janvier » dernier, c'est-à-dire après la catastrophe. L'avocat a insisté sur le fait que Nicolas Féraud avait donné tous les moyens nécessaires à ses services municipaux pour assurer ces contrôles réguliers. « A chaque fois que les chargés de sécurité ont demandé du personnel complémentaire, le conseil communal a octroyé les places de travail requises », a-t-il martelé, affirmant que les pièces du dossier judiciaire « le démontrent clairement ».
La frustration des parties civiles
Plusieurs avocats représentant les parties civiles dans cette affaire ont toutefois affiché une frustration palpable face au manque persistant d'explications claires sur ces manquements graves. « Je ne pense pas qu'il nous a convaincus […] On n'a pas obtenu nos réponses à la question essentielle, à savoir pourquoi, pendant six années complètes, il n'y a pas eu le moindre contrôle », a notamment déploré l'un d'eux, Me Alain Viscolo. « On a eu droit à un descriptif détaillé du système de sécurité publique sur Crans-Montana, mais avec une multitude de responsables, une véritable galaxie de personnes qui sont responsables, pour finir, de pas grand-chose de concret ». Pour sa part, Me Romain Jordan a dénoncé avec force « la dynamique inquiétante de négligences successives qui ont provoqué ce drame effroyable ».
Les bougies « fontaine » au cœur des investigations
Outre les responsabilités potentielles des autorités communales dans ces fautes graves, l'enquête approfondie doit également lever le voile sur les mesures anti-incendie qui avaient été prises – ou non – par les propriétaires français du bar Le Constellation, Jacques et Jessica Moretti. Les circonstances exactes du sinistre restent également à préciser : selon les premières conclusions de l'enquête, l'incendie aurait été déclenché par les étincelles provenant de bougies dites « fontaine » qui auraient enflammé une mousse insonorisante placée au plafond du sous-sol de l'établissement.
Le bilan humain toujours lourd
Rappelons que ce drame épouvantable a fait 41 morts et 115 blessés, principalement des adolescents et de jeunes adultes, dont de nombreux étrangers, en particulier des ressortissants italiens et français. Selon le dernier décompte officiel de l'Office fédéral de la protection civile suisse, 38 patients sont toujours hospitalisés ou en centre de réadaptation spécialisé, dont près de la moitié se trouvent actuellement à l'étranger pour leur convalescence.



