Une situation alarmante dans les collèges des Alpes-Maritimes
Dans le département des Alpes-Maritimes, une réalité scolaire préoccupante vient d'être mise en lumière. Dix établissements, dont sept situés à Nice, ont été identifiés comme étant en « grande difficulté scolaire » par le ministère de l'Éducation nationale. Le critère retenu est sans appel : dans ces collèges, quatre élèves sur dix obtiennent moins de 8 sur 20 en français et en mathématiques lors de l'examen du brevet des collèges.
Des statistiques établies sur trois années
Ces chiffres inquiétants proviennent de l'analyse des résultats des sessions 2023, 2024 et 2025 du diplôme national du brevet. Les parents d'élèves concernés ont été informés par courriel de la situation spécifique de l'établissement fréquenté par leur enfant. La liste des collèges touchés dans les Alpes-Maritimes comprend :
- Les Vallergues à Cannes
- André-Maurois à Menton
- La Bourgade à La Trinité
- Maurice-Jaubert dans le quartier de L'Ariane à Nice
- Nucéra à Bon-Voyage
- Simone-Veil et Risso à Nice
- Jean-Rostand et Alphonse-Daudet dans le secteur de La Madeleine
- Jules-Romains à l'ouest de Nice
Le plan « Collèges en progrès » déclenché
Face à cette situation, le ministère a activé son dispositif « Collèges en progrès ». Ces 10 établissements des Alpes-Maritimes font partie des 746 collèges français (soit 15% des collèges nationaux) identifiés comme nécessitant une attention particulière. Ils devraient bénéficier de moyens supplémentaires dès la rentrée scolaire de septembre prochain.
Des critiques syndicales virulentes
Cette initiative ministérielle ne fait pas l'unanimité. Olivier Clerc, représentant de la CGT Educ', dénonce « une rustine pour contourner l'indispensable refonte de la carte d'éducation prioritaire ». Il rappelle que cette carte, établie en 2015 et devant être révisée tous les quatre ans, n'a pas été actualisée depuis près d'une décennie. « On bricole jusqu'en 2028 en inventant des plans au nom clinquant », accuse-t-il.
Un indice de position sociale révélateur
Le syndicaliste souligne un élément crucial : à l'exception du collège Maurois à Menton, tous les établissements concernés présentent un indice de position sociale (IPS) « très inférieur à la moyenne nationale » de 100. Cet indicateur, calculé par l'Éducation nationale, mesure le contexte social des élèves. Les écarts sont significatifs :
- Collège privé Stanislas à Nice : IPS de 147
- Jean-Rostand : IPS de 86
- Nucéra : IPS de 70
- Maurice-Jaubert : IPS de 68
Des moyens jugés insuffisants
« On nous parle de 6,83 équivalents temps plein pour toute l'académie à la rentrée : autant dire du saupoudrage », critique Olivier Clerc. Il dénonce parallèlement la fermeture de classes alors que « des effectifs bas sont un vrai facteur de réussite ». La FCPE partage ce scepticisme. Khadija Elouahabi interroge : « À part pointer du doigt des établissements déjà fragilisés, que propose-t-on ? »
La réponse des autorités académiques
Natacha Chicot, rectrice de l'académie de Nice, défend une approche différente. « L'objectif n'est pas de stigmatiser ces collèges mais de les accompagner », insiste-t-elle. Elle met en avant la nouvelle stratégie du ministre Édouard Geffray qui a renoncé « à la tentation du plan uniforme » pour privilégier « des solutions spécialisées, spécifiques, portées par les équipes de chaque collège ».
Une méthode basée sur l'autonomie des équipes
La rectrice détaille le processus : les équipes pédagogiques disposent de six mois pour établir un diagnostic puis six mois supplémentaires pour concevoir une feuille de route. « Les enseignants ont la main, on s'appuie sur leur expertise », affirme-t-elle. Elle reconnaît que l'échec scolaire est « multifactoriel » mais mise sur « la force du collectif » pour trouver des solutions.
Des exemples encourageants cités
Natacha Chicot cite en exemple le collège Rosa Parks en région parisienne, qui avec un IPS de 62 a obtenu « d'excellents résultats grâce à une très belle cohésion d'équipe ». Elle exprime sa confiance dans les équipes pédagogiques de l'académie de Nice pour relever ce défi éducatif majeur.



