Un couple de touristes belges a été condamné jeudi par le tribunal de Béziers à deux ans de prison avec sursis pour trafic de stupéfiants au Cap-d’Agde. Interpellés le 6 juillet dans un club libertin avec d’importantes quantités de GHB, d’ecstasy et de cocaïne, les prévenus écopent aussi de 1 500 euros d’amende chacun et d’une interdiction de séjour de trois ans en France.
Des vacances qui tournent au cauchemar
Ellen et Joost, originaires de Gembes dans les Ardennes belges, sont arrivés le 6 juillet pour une semaine de vacances au Cap d’Agde. Ils avaient réservé leur séjour un an auparavant et affirment avoir économisé pour ces vacances. Le soir de leur arrivée, alors qu’ils entrent au Glamour Beach, un club échangiste, le vigile remarque qu’ils portent deux fioles contenant un liquide bleu. Il donne aussitôt l’alerte. La soirée se termine au poste de police.
Les deux touristes sont en possession de deux tubes de GHB, la drogue du violeur. La perquisition de leur domicile révèle un stock bien plus important : 4 g de cocaïne, 39 g de cannabis, 40 cachets d’ecstasy, 7 g d’amphétamine et 932 ml de GHB conservés dans le frigo. Les enquêteurs découvrent également une poudre blanche de plus de 100 g réagissant à toutes les drogues, une balance et des sachets de conditionnement. Au lieu des soirées glamour prévues, le couple passe 96 heures en garde à vue et trois jours en détention provisoire.
Des aveux sous les larmes
Devant les magistrats, Ellen et Joost sont confus et en larmes. Ils expliquent : « Nous travaillons tout le temps, alors une fois par mois, nous allons dans un club échangiste et nous prenons des produits pour nous détendre. C’est festif. Jamais nous n’avons vendu quoi que ce soit. C’est rien que pour nous quand nous participons à des soirées libertines. Nous avons pris tout ça pour que notre fils ne tombe pas dessus. Il n’y a que le GHB que nous avons acheté dans un café au camp naturiste. »
Le couple a traversé toute la France avec son stock de drogue, laissant en Belgique leur fils de huit ans, gardé par la grand-mère. Cette dernière a appris en ce début juillet que sa fille se droguait, fréquentait les clubs libertins et risquait la prison en France. « Nous ne consommons jamais devant notre fils », ajoutent-ils pour « rassurer » le tribunal. « Maintenant c’est sûr, nous allons trouver autre chose pour nous amuser, on ne reviendra plus au Cap d’Agde. » La présidente les reprend immédiatement : « Non, l’idée est plutôt que vous arrêtiez la drogue. »
La réaction du ministère public
Le représentant du ministère public a requis initialement trois ans de prison avec sursis pour Joost et deux ans pour Ellen, avec confiscation de leur voiture, téléphones et drogues, ainsi qu’une amende de 2 450 €. Il a déclaré : « Il semble qu’ils ont pris conscience de la gravité de la situation seulement aujourd’hui. Leur semaine de vacances a tourné au cauchemar avec la garde à vue et la détention provisoire et je suis certain que ces vacances, ils s’en souviendront longtemps. Heureusement, ils ne sont pas parvenus à vendre leur drogue. » Le tribunal a finalement condamné le couple à deux ans de prison avec sursis simple, une interdiction de séjour de trois ans en France et 1 500 € d’amende chacun, pour transport, importation et usage de stupéfiants.



